« La dernière rencontre avec Savencia pour négocier le prix du second trimestre a eu lieu mardi 21 mars 2017, débute le courrier. Face à nous, nous avons trouvé des représentants de Savencia totalement fermés à toute discussion et se réfugiant derrière l’accord du 20 décembre et le prix plancher de 311,40 €. »

Depuis quelques semaines, les relations se tendent entre le groupe laitier et les éleveurs :

• le 25 février, Sunlait met en ligne une « campagne de soutien pour la reconnaissance de notre travail », signée par plus de 1 730 personnes aujourd’hui. Parmi les signataires, des producteurs certes, mais aussi des consommateurs lambda et même des salariés de Savencia.

• le 10 mars, les résultats du groupe Savencia sont publiés : progression du résultat de 83 % en un an, en passant de 57 millions d’euros à plus de 104 millions,

• le 19 mars, Jean-Paul Torris, « directeur général de Savencia », déclarait dans le Figaro : « Le lait français est le plus cher au monde, cela plombe de moitié notre rentabilité en France par rapport au reste du monde. »

Pas étonnant dans ces conditions que les négociations peinent à aboutir entre les deux parties.

« Construire une vraie relation de transparence »

« Si l’accord du 20 décembre nous protège bien d’une baisse du prix par rapport aux indicateurs, il n’empêche pas une revalorisation sur le deuxième trimestre au-delà du prix plancher », constate Sunlait, qui demande au minimum 350 €/1 000 l.

« Nous voulons construire une vraie relation de transparence, de responsabilité et d’engagement avec Savencia pour un partenariat gagnant-gagnant et nous ne pouvons que profondément déplorer l’attitude des représentants de Savencia mardi dernier. Nous leur demandons une nouvelle fois de se hisser à la hauteur qui est la nôtre. »

« Nous suspendons nos travaux en cours »

« Ainsi, nous ne participerons pas aux prochaines négociations plénières prévues le 28 mars. Nous suspendons les discussions sur la nouvelle formule de prix, les modifications juridiques du contrat ou le dispositif récents investisseurs », affirme le courrier.

« Et enfin, nous ferons jouer notre droit dès cette semaine en activant une clause de rencontre afin de rediscuter du prix du deuxième trimestre. »

M.B.