En 2016, les cours mondiaux du lait sont repartis à la hausse à partir du second trimestre, principalement tirés par le prix du beurre et de la poudre grasse, indique le rapport de la FAO et de l’OCDE. Cette remontée des prix s’est principalement expliquée par l’effondrement de la production en Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande), en Argentine et dans l’Union européenne (uniquement au second semestre de l’année), alors que la demande mondiale de beurre et de fromage s’est accrue.

Hausse globale de la consommation de produits laitiers

Dans les pays développés, les consommateurs privilégient de nouveau le beurre et les matières grasses laitières plutôt que les produits de substitution à base d’huile végétale. En conséquence, ces matières grasses laitières sont de plus en plus utilisées en boulangerie.

Dans les pays en développement, l’accroissement des revenus et l’augmentation de la population tirera la consommation de produits laitiers à la hausse. Les produits frais resteront, dans ces pays, les plus consommés.

La consommation de produits laitiers par habitant devrait ainsi passer de 20,2 kg (extrait sec du lait) en 2014-2016 à 21,4 kg en 2026 dans les pays développés, et de 10,9 kg à 13,2 kg dans les pays en développement.

+22 % de production laitière à l’horizon de 2026

La production de lait devrait augmenter de 178 millions de tonnes, soit 22 % à l’horizon de 2026 par rapport à la période de référence 2014-2016. La part des pays développés dans cette production diminue, passant de 49 % en 2014-2016 à 44 % en 2026.

L’essentiel de la hausse de la production devrait être réalisé par les pays en développement (77 %). Le Pakistan et l’Inde devraient représenter 29 % de la production totale de lait d’ici à 2026, contre 24 % sur la période de 2014 à 2016.

Au niveau mondial, la production de poudre grasse augmentera de 1,9 % par an. Le beurre et la poudre maigre progresseront plus rapidement, au rythme de 2 % et 2,5 % par an respectivement, contre 1,4 % par an pour les fromages.

+4 % d’exportations pour l’UE

La dépréciation prévue, à moyen terme, des monnaies de l’Argentine et du Brésil par rapport au dollar américain favorisera les exportations de ces pays.

Du côté des importateurs, la monnaie de la plupart des grands acteurs (Philippines, Égypte, Iran et Indonésie) devrait également connaître une dépréciation, ce qui devrait freiner leurs achats. Au Japon, le vieillissement de la population va restreindre les importations.

Entre la période 2014-2016 et 2026, la part des exportations de produits laitiers de l’Union européenne passera de 24 % à 28 %. L’Inde, premier producteur mondial de lait, possède un marché intérieur très important et ne devrait donc pas devenir un acteur influent sur les marchés.

Sur le marché mondial du beurre et de la poudre grasse, la Nouvelle-Zélande devrait conforter sa place de leader avec respectivement 47 et 53 % de parts de marchés à l’horizon de 2026. L’UE restera de son côté en tête des exportations de fromage avec 34 % de parts de marché.

Majoration des prix à moyen terme

Partant d’un niveau bas en 2016, la hausse de la demande mondiale devrait permettre une augmentation des prix des produits laitiers à moyen terme.

En 2026, le prix du fromage, actuellement inférieur au prix du beurre, devrait dépasser ce dernier, et croître de 38 % par rapport à la période de 2014 à 2016.

Les prix de la poudre de lait devraient augmenter lentement dans un premier temps, en raison de la lente reprise de la demande chinoise. Les cours des poudres maigre et grasse ne devraient donc pas renouer avec les niveaux records atteints en 2013-2014, mais pourraient s’accroître respectivement de 76 % et 60 % entre la période 2014-2016 et 2026.

V. Gu.