Agriconomie vient sur le terrain d’autres start-ups

Lancée en 2014, l’entreprise de e-commerce commence à avoir des fourmis dans les jambes. Et la tête à de nouveaux projets qui devraient se concrétiser d’ici à la fin de l’année. Agriconomie ne veut en effet plus se contenter d’être une simple boutique en ligne. Pour assurer sa pérennité, elle lancera prochainement une nouvelle offre de services, « à valeur ajoutée, pour aider les agriculteurs », explique son directeur du marketing et du digital, David Horain.

Son nouveau créneau : l’échange entre agriculteurs. Au travers de forums, dont le premier sera mis en ligne en juin, « on veut développer des systèmes de mise en relation des agriculteurs, pour pouvoir leur permettre d’échanger sur les bonnes pratiques. On a appelé ça notre Erasmus de l’agriculteur. Le but est qu’ils échangent sur leurs pratiques, partagent leurs expériences, bénéficient du savoir de l’un et de l’autre ». Une fois la mise en relation déclenchée sur le online, les agriculteurs auront ensuite la possibilité de se rencontrer pour de la formation gratuite.

Autre service imminent dans les tuyaux : l’échange de matériel entre agriculteurs… « On veut pouvoir mettre en relation les agriculteurs pour échanger leur machine, en cas de panne, ou même en cas de besoin spécifique », poursuit David Horain. Bref, autant de services qui ne sont pas sans rappeler ceux d’autres jeunes pousses déjà existantes. Seules résisteront celles qui auront su se diversifier. Les idées sont lancées.

Les acteurs historiques ont-ils raison d’avoir peur des start-ups ?

« C’est le moment d’acheter ce produit », indique un technico-commercial à un agriculteur, qui lui demande en retour le prix. « Mais tu ne me fais pas confiance ? Je te dis que c’est le moment d’acheter. » Il est difficile pour l’agriculteur de ne pas se sentir floué, même si, face à lui, le technico-commercial est lassé, lui aussi, de faire valoir le coût de son conseil.

L’opacité qui règne autour des prix a fini par insupporter. Et c’est précisément à ce niveau que les start-ups, ces petites entreprises innovantes, réunies à l’heure du numérique la bannière Agtech, ont décidé de s’engouffrer. À coup de transparence sur les prix et d’outils d’aides à la décision pour la commercialisation des grains, la gestion parcellaire, etc., elles viennent bousculer les acteurs traditionnels sur leur marché, et proposer aux agriculteurs de reprendre les rênes de leur exploitation.

Mais autonomie ne signifie pas indépendance. Et de l’avis même des start-upers, si l’écosystème doit changer et les monopoles exploser, les conseillers historiques garderont leur rôle auprès des exploitants, à condition cependant, de plus de compétences.

Pour la centaine de jeunes pousses de l’agriculture, la partie est aussi loin d’être gagnée. Dans l’e-commerce agricole par exemple, si rien n’empêche que toutes se maintiennent, rien n’empêche non plus que toutes disparaissent : si une grosse coopérative ou un gros négociant lançait sa plate-forme pour faire de la vente directe sur le web, le sort de celles qui n’auront pas su suffisamment innover ou se diversifier à temps se réglerait en un an.

Un seul paramètre est certain aujourd’hui, c’est la nouvelle attente des agriculteurs : « On va vous conseiller… », a commencé un fabricant de phytosanitaires lors d’une conférence au Sima 2017. Et sitôt de se faire rappeler à l’ordre par un exploitant : « On n’a pas besoin d’être conseillé, on a besoin d’OAD. »

Qui sont les agriculteurs qui ont recours aux start-ups ? Que peuvent-elles leur apporter ? Quel impact sur l’écosystème agricole ? Un dossier avec de nombreux témoignages à paraître cette semaine dans la France Agricole (n°3695)

Les ruches connectées Hostabee sont commercialiséesAprès plusieurs projets pilotes, Hostabee commercialise officiellement son module B-Keep avec la production de mille premiers exemplaires, dont 500 déjà vendus en précommande.
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    La FDSEA de la Vendée organisera à la Roche-sur-Yon, du 22 au 24 novembre, AgriStartup Summit. Un nouveau rendez-vous international déstiné aux start-ups de l’Agtech.

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Rosanne Aries, Vincent Gobert et Corinne Le Gall