La « blockchain » débarque dans la commercialisation des grains

Ositrade veut réinventer les relations commerciales agricoles à l’aide de la blockchain (1). Lancée officiellement ce 18 juin, la start-up démarrera une activité « effective » dès le début du mois de septembre. Basée à Orléans, elle communique d’ores et déjà pour se présenter aux potentiels futurs utilisateurs à la veille des premières moissons. La proposition de la nouvelle entreprise consiste en une place de marché en ligne pour une mise en relation directe des acteurs agricoles. Cette plateforme doit garantir des transactions agricoles sécurisées, infalsifiables et transparentes, en temps réel grâce à la technologie numérique avancée de la blockchain. Ositrade propose donc une identification et une certification de la provenance de chaque acteur.

Concrètement, sur cet espace, les professionnels pourront visualiser l’ensemble des offres et ordres disponibles pour tous grains, tourteaux, et vracs en camion, les accepter ou les négocier puis les exécuter le moment venu de manière sécurisée et traçable. Les fondateurs Philippe Lehrmann et Rémi Chevalier ont fait le choix d’exploiter la technologie blockchain d’Hyperledger, de la fondation Linux dans sa version portée par IBM.

Les dirigeants voient grand et comptent embaucher. Ils ont déjà réuni un tour de table dans la profession pour investir dans la plateforme et ont obtenu une aide de la BPI. Les prochaines recherches de fonds aideront la mise en production. Dans un contexte de commerce du grain transfrontalier, leur volonté est aussi de dépasser les frontières, notamment pour l’orge de brasserie. Ils n’identifient pour l’heure qu’un seul concurrent sur ce modèle de place de marché et de plateforme commerciale utilisant la blockchain, une société australienne appelée Agridital. Enfin, les prix sur la plateforme seront en net, l’acheteur, et non pas le vendeur, paiera le courtage.

Les start-ups françaises à l’assaut du marché ukrainien

Avec le soutien de la société Valeur Tech, six représentants de start-ups françaises ont fait le voyage Paris – Kiev pour découvrir et sonder le marché local. Pendant quatre jours, Karnott, Airinov, Carbon-Bee, Samsys, Piloter sa ferme et Wheather Measures ont pu approfondir leurs connaissances sur l’agriculture ukrainienne – bien différente de la nôtre – mais également rencontrer différents acteurs du marché local pour d’éventuelles opportunités de business.

La délégation, accompagnée de Nicolas Perrin, conseiller agricole à l’ambassade française en Ukraine, a notamment pu visiter et échanger avec une holding de 35 000 ha, ainsi qu’une autre de 109 000 ha. D’autre part, elle s’est rendue dans deux exploitations gérées par des Français. Elle a également pu découvrir l’incubateur local I-Hub et rencontrer la ministre des Finances ukrainienne, Oksana Markarova. Au cours des différentes visites, les acteurs des start-ups français ont pu découvrir les attentes du marché local avec la présentation des exploitations et du modèle économique Ukrainien. Ils ont également eu du temps pour présenter et expliquer leur solution. Un débriefing du voyage à l’ambassade de France a permis de tirer un premier bilan de ce voyage. Pour la plupart d’entre eux, les Français ont prévu de revenir dans le pays très rapidement.

Délégation française en Ukraine. © Pierre Peeters/GFA

Farmr, le frenchie des réseaux sociaux agri

Pas plus disponible pour l’heure qu’Ositrade, Farmr fait déjà parler de lui. Baptiste Létocart, cofondateur de Farmr, donne quelques éléments sur le site. Ce sera une plateforme communautaire qui permet aux agriculteurs de retrouver leurs pairs. L’objectif est de réussir à y centraliser les informations du secteur et de favoriser les échanges de conseils, savoir-faire et ressources entre agriculteurs. La mission que se donne Farmr est d’« améliorer la vie économique et sociale de l’agriculteur au quotidien ». Ultime précision, la start-up promet, à l’image d’un célèbre réseau social, de proposer un accès gratuit.

Farmr, dont le nom se prononce « farmeur », a été récompensée par le jury de la Start-Up Night organisée par l’Ipag Business School à la station F, à Paris. La start-up était aussi finaliste lors du dernier concours Agreen Startup qui s’est déroulé au Salon de l’agriculture.

AgriDataDays le 21 juin à Paris

« Le rendez-vous de la data agricole » aura lieu ce jeudi à la Fédération nationale du Crédit Agricole à Paris. Le thème central de la rencontre est l’intelligence artificielle et l’invité de marque sera l’auteur du rapport sur l’intelligence artificielle Cédric Villani – mathématicien médaille Fields et député LREM. Une table ronde se tiendra sur le sujet « Comment l’industrie agroalimentaire et l’agriculture peuvent-elles relever le défi de l’IA ? ». La start-up The Green Data, jeune pousse proposant des applications personnalisées, est partenaire de l’événement.

EuraTech’Day Summer le 21 juin à Lille

EuraTechnologies, l’un des plus grands incubateurs et accélérateurs de start-ups en France, annonce la 4e édition de l’« EuraTech’Day Summer », le rendez-vous estival annuel portant sur l’innovation. Entrepreneurs, startupers, corporates, investisseurs mais aussi chercheurs, étudiants, passionnés de nouvelles technologies et d’entrepreneuriat sont attendus le 21 juin prochain sur le campus EuraTechnologies à Lille pour célébrer l’innovation en version XXL !

(1) La blockchain, ou chaîne de blocs, est une technologie de stockage et de transmission d’informations sans organe de contrôle. Techniquement, il s’agit d’une base de données distribuée dont les informations envoyées par les utilisateurs et les liens internes à la base sont vérifiés et groupés à intervalles de temps réguliers en blocs, l’ensemble étant sécurisé par cryptographie, et formant ainsi une chaîne.

Vincent Gobert et Pierre Peeters