La « réalité informée » s’invite dans l’usine américaine d’Agco

L’usine américaine de tracteurs de très forte puissance et d’automoteurs d’Agco, basée à Jackson dans le Minnesota, est confrontée à un problème : produire des engins pour des marques différentes (Challenger, Massey Ferguson, RoGator et TerraGator) sur une même ligne de construction. Chaque ouvrier de la ligne de production doit donc connaître les caractéristiques de chaque machine et les spécificités de chaque marque, y compris pour des modèles vendus en très faible quantité.

Agco a d’abord testé un système de documentation sur tablette, qui s’est révélée trop fragile pour les conditions de travail en usine et surtout, a généré beaucoup de pertes de temps, les ouvriers abandonnant leur poste pour consulter la tablette. Le constructeur américain a alors fait appel à plusieurs start-ups locales spécialisées dans la « réalité informée » pour trouver une nouvelle solution. Cette technique dérivée de la réalité augmentée s’appuie sur une solution que beaucoup ont déjà enterrée : les lunettes Google Glass.

Les salariés portent ces lunettes à commande vocale et peuvent projeter si c’est nécessaire les plans et les informations sur les verres des lunettes. Un simple « Okay glass, les plans de la transmission » prononcé par l’opérateur suffit pour afficher les informations demandées sur les lunettes. Agco et les start-ups ont travaillé à la standardisation des commandes vocales utilisées par les ouvriers afin de limiter les risques d’erreur et les pertes de temps.

Piloter sa ferme table sur 1 000 abonnés d’ici à la fin de 2017

Piloter sa ferme, qui propose un outil d’aide à la décision personnalisé pour sécuriser la commercialisation de grains et donc diminuer le risque financier lié à la fluctuation des cours des matières premières, est la première start-up agricole dans le domaine de la Fintech (start-up à vocation financière). Après cinq ans de recherche et développement, puis un lancement en 2016 dans l’Yonne, ses fondateurs ont annoncé, lors de leur première conférence de presse le 20 avril dernier, leurs ambitions pour les années à venir.

D’abord, doubler leur nombre de clients : de 400 aujourd’hui, ils comptent servir 1 000 clients d’ici à la fin de l’année 2017, avec renforcement de l’équipe de commerciaux sur le terrain. Ensuite, augmenter le nombre de marchés analysés : à la vingtaine pour lesquels des analyses hebdomadaires indiquant les opportunités – ou pas - de vente, ils comptent ajouter celui des engrais, le gazole non routier (GNR), et des aliments pour bétail (à destination des éleveurs laitiers et porcins notamment). Enfin, développer leurs activités dans d’autres pays. Le lancement international, prévu pour 2018, vise les pays producteurs européens ainsi que les pays anglo-saxons (Amérique du Nord), « qui ont une forte culture de gestion du risque ».

En Californie, des robots pour résoudre les pénuries de main-d’œuvre

Les effets de l’élection de Donald Trump se sont fait ressentir très rapidement dans les exploitations californiennes qui ont vu la main-d’œuvre, souvent illégale, fuir le pays avant d’être expulsée. Les agriculteurs, qui ont pourtant soutenu massivement le candidat démocrate, entame la campagne de récolte avec un épineux problème : la main-d’œuvre à bon marché a disparu. Un article paru dans Les Échos du 25 avril 2017 estime que 70 % des salariés agricoles de la Californie sont des immigrés illégaux.

Pour sauver son agriculture, la Californie mise donc sur son autre savoir-faire : les start-ups de la robotisation. Ces dernières se multiplient avec des projets tels que l’automatisation du comptage des fruits, le développement de robots pour la cueillette ou encore des solutions d’élagage des arbres sans opérateur. Il reste à régler l’épineux problème du financement, les start-ups de l’Ag-Tech ayant vu leurs investissements diminuer de plus de 40 % depuis un an.

BASF rachète ZedXLe groupe BASF a signé un accord pour le rachat de la société américaine ZedX, spécialisée dans le développement d’applications numériques pour l’agriculture. ZedX est un expert en modèles agronomiques pour les OAD. Ce rachat devrait être finalisé d’ici à quatre semaines.
  1. Lancement du challenge DigitAg

    Le 1 et le 2 juillet prochain, l’Irstea et six pôles de compétitivité agricole accueilleront la finale du challenge DigiAg. Cette compétition à destination des start-ups et des jeunes développeurs a pour objectif d’inventer les services numériques agricoles de demain. L’enjeu pour les porteurs du projet est de montrer l’impact positif de données ouvertes pour dynamiser l’innovation et préparer quelques applications qu’un futur portail de données à vocation agricole pourrait héberger. Il est encore temps de s’inscrire pour participer à l’adresse suivante : www.digitag-challenge.fr.

  2. Un catalogue de référence pour les plantes

    Plante & Cité et l’interprofession de l’horticulture et du paysage Val’hor lancent l’application web sur le végétal, Floriscope. Créée par Plante & Cité avec et pour les professionnels de la filière, elle offre des données fiables, validées scientifiquement, sur les plantes. Grâce à un moteur de recherche performant, elle permet de connaître, choisir et trouver des plantes pour les jardins et les espaces verts parmi les 160 000 noms de plantes du plus grand référentiel français. Elle est accessible à tous gratuitement sur www.floriscope.io.

  3. 200 start-ups à vocation agricole en France

    Selon Business France, on recense désormais 200 jeunes pousses de l’Ag-Tech en France.

Ana Cassigneul, Vincent Gobert et Corinne Le Gall