« Le prix des laines en 2017 s’est effondré. Celui des races bouchères, de type plein air, s’échelonne de 0,30 €/kg à 0,50 €/kg dans le Grand Ouest. Pour la mérinos, les tarifs se maintiennent à plus de 1 €/kg. Les causes sont multifactorielles. Les hivers doux en Europe et en Amérique du Nord limitent la demande en laine d’habillement. En Angleterre, le Brexit a incité les marchands britanniques à vider leurs stocks de peur que la livre chute face au dollar. En Australie et en Nouvelle-Zélande, la demande en viande d’agneau à l’exportation conduit les éleveurs à croiser leurs mérinos avec des races bouchères, ce qui augmente leur volume de laines croisées similaires aux laines anglaises et françaises ».

La situation risque de durer

« Ces éléments provoquent une saturation du marché en Chine, premier transformateur mondial, et premier client de la France qui écoule 90 % de sa production là-bas. La situation risque de durer. Le danger est de voir aussi les négociants-exportateurs faire faillite ou être rachetés par d’autres, engendrant des problèmes d’absence de concurrence. Les éleveurs produisant les laines les plus mal cotées risquent, dans ce contexte, de ne pas trouver preneur. La stocker en ce moment n’est pas une solution, car après deux à trois ans, la laine n’a plus une grande valeur pour la transformation textile. »

Propos recueillis par M.-F. Malterre