Un monument de la machine agricole célèbre son anniversaire. En effet, ce sont 190 ans, soit presque deux centenaires, qui se sont écoulés depuis la création de Kuhn en 1828.

Logo célébrant les 190 ans du constructeur © Kuhn

C’est en forgeant qu’on devient forgeron

Installé à Saverne, en Alsace, Joseph Kuhn n’est au départ qu’un petit forgeron comme beaucoup d’autres. Aujourd’hui encore, le constructeur demeure l’un des rares à posséder encore sa fonderie et sa forge. Spécialisé dans la fabrication de balances décimales et autres systèmes de pesage, c’est seulement en s’associant à ses frères en 1864 que Joseph débute la fabrication de machines agricoles.

Cent ans après, ce sont des faneuses, des râteaux faneurs et pas moins de 1 000 batteuses par an qui sont fabriquées dans les usines alsaciennes. Grâce à de multiples acquisitions et associations, le catalogue s’est agrandi. En 1946, à la fin de la guerre, Kuhn reprend la production en s’associant avec la société Bucher-Guyer, un important fabricant de machines agricoles suisse.

Des rachats en France et à l’étranger

L’acquisition du vendéen Audureau permet de proposer d’autres matériels d’élevage tels que les pailleuses, les mélangeuses, etc. Et ça continue : Kuhn s’attaque ensuite au travail du sol avec le rachat de Krause, spécialiste en cultivateurs, et de Huard et ses charrues, encore fabriquées sur le site de Châteaubriant aujourd’hui.

Vous pensiez que c’était suffisant ? Pas selon Kuhn dont le logo commence à apparaître sur les semoirs Nodet pour finalement leur imposer définitivement les couleurs rouge et blanc. Il ne leur manquait que les outils de protection des cultures plus sophistiqués que ceux de Nodet et Audureau, manque comblé par l’acquisition du savoir-faire de Blanchard, spécialiste en pulvérisateurs. Enfin, le catalogue se renforce avec des presses grâce à l’acquisition de l’usine Vicon de Geldrop (Pays-Bas).

Constructeurs membres du CCI. © L. Coassin/GFA

Aujourd’hui, le constructeur est un géant de la machine agricole. Il emploie 5 000 personnes et fabrique des machines sur 11 sites de production à travers le monde. Ce sont plus de 2 000 brevets qui ont été déposés. S’arrêter là n’est pas au programme puisque Kuhn est un des membres principaux du consortium de recherche CCI pour le high-tech.

Kuhn Stronger sur le stand Kuhn d’Agritechnica. © L. Coassin/GFA

Kuhn s’attaque aussi à l’exportation hors du continent européen et prouve le sérieux de ses intentions en s’octroyant les sites de production de l’américain Knight (mélangeuses et épandeurs) et des brésiliens Montana (automoteur de pulvérisation) et Metasa (semoirs).

Loris Coassin