Le ministre français de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, est venu au Japon deux jours durant pour tenter de doper les exportations françaises sur un marché aussi exigeant que fermé, alors que le Japon et l'Union européenne négocient pied à pied un accord commercial depuis près d'un an.

« Nous avons progressé sur le plan agricole et agroalimentaire. Nous avons déjà avancé avec l'ouverture du marché japonais pour les bovins de moins de 30 mois », a indiqué vendredi soir à l'AFP le ministre.

« Nous avons mis sur la table des sujets très précis, par exemple sur les additifs alimentaires, la reconnaissance des indications géographiques protégées (IGP). Il y a une claire volonté partagée d'avancer et d'obtenir des résultats », a assuré M. Garot.

Durant son séjour à Tokyo, M. Garot s'est notamment entretenu avec le ministre de l'Agriculture, Yoshimasa Hayashi, et Masako Mori, sa collègue en charge de la Sécurité sanitaire des aliments, un sujet hautement sensible au Japon.

« C'est vrai, le marché japonais est très difficile, mais qui mieux que les Français peuvent répondre à ces exigences. Nous avons tiré toutes les leçons des crises qui ont émaillé les trente dernières années, en particulier celle de la vache folle. Aujourd'hui, la France est très bien armée pour répondre aux besoins et aux exigences des consommateurs, en particulier au Japon », assure Guillaume Garot.

Evoquant les fraudes dans ce secteur, M. Garot a affirmé que « d'un côté et de l'autre nous avons renforcé nos contrôles et nos sanctions ».

Interrogé sur les difficultés actuelles de certains secteurs agroalimentaires en France, Guillaume Garot a rappelé que ce secteur pesait toujours lourd : « L'agroalimentaire demeure un secteur fort du redressement économique du pays, il dégage 11,6 milliards d'euros d'excédent pour la balance commerciale. »

« Je ne serai jamais dans une vision catastrophiste, car elle serait fausse. Il y a des secteurs dans certaines régions qui souffrent, notamment dans le secteur de la première transformation. C'est vrai par exemple dans le secteur de la viande en Bretagne dans le segment abattoirs. Mais nous voyons aussi des entreprises innovantes. Nous accompagnons les secteurs qui souffrent pour les aider à se moderniser. Il y a des entreprises qui heureusement vont bien et que nous aidons pour se développer à l'international », assure M. Garot, citant l'exemple d'une petite entreprise qui exporte au Japon des produits à base d'algues.

Un groupe de travail franco-japonais spécifique sur l'agroalimentaire est prévu en marge de la visite du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, en France en avril prochain.

Evoquant les négociations commerciales actuelles Japon-UE, Guillaume Garot délivre un message : « Il ne suffit pas de lever les barrières tarifaires et non tarifaires, encore faut-il que les entreprises elles-mêmes se tournent vers l'exportation. »

Alors qu'en avril prochain, pour le premier anniversaire des discussions commerciales bilatérales, l'UE doit décider si elle continue ou non à négocier avec le Japon au regard surtout de ses progrès dans l'élimination des barrières non tarifaires en vertu d'une « clause de révision », Guillaume Garot assure avoir perçu dans ses entretiens avec les responsables nippons « une claire volonté d'avancer ».