Lorsqu'on sait combien le sujet de l'irrigation est sensible dans le Sud-Ouest, on mesure le travail réalisé par la coopérative Unicoque, jusqu'à la signature, le 24 juin, de la charte Cdduire (Convention pour le développement durable d'Unicoque intégrant les ressources en eau).

Spécialisée dans la noisette et la noix, la coopérative projette de doubler sa production d'ici à 2015 et de planter 1.500 hectares de noisetiers, ce qui nécessite de les irriguer. Jusqu'à maintenant, les associations environnementales et de pêcheurs s'opposaient à tout projet de création de réserve d'eau.

« Notre objectif est de renverser la perception des opposants, en faisant de notre concept un atout pour l'environnement, explique Jean-Luc Reigne, responsable du service technique et des expérimentations d'Unicoque. Nous savons que la société civile veut voir couler les ruisseaux en été et devons en tenir compte. Nous avons fait en sorte que nos retenues soient transparentes. »

« Grâce à des dispositifs en amont permettant de les déconnecter du réseau hydrographique, elles ne captent pas les écoulements liés aux orages, qui iront directement aux ruisseaux », ajoute-t-il.

Unicoque s'est engagée à garantir une utilisation économe de l'eau stockée, sans prélèvement dans le milieu naturel en période estivale, et à dimensionner ses retenues pour une gestion pluriannuelle de la ressource. On stocke en année humide pour pouvoir alimenter les années sèches.

De plus, les retenues vont contribuer aux débits objectifs d'étiage, au prorata de la surface des bassins versants qu'elles interceptent, et seront équipées de dispositifs permettant d'améliorer la qualité de l'eau (bassins de décantation plantés de roseaux).

La coopérative compte sur ces deux paramètres pour faire changer la mentalité des opposants. La décantation de l'eau peut aussi entraîner un gain agronomique pour les plantations.

« Nous projetons de créer, d'ici à cinq ans, 44 petites retenues de 30.000 m3 en moyenne, adaptées à la topographie de la zone de production, reprend Jean-Luc Reigne. Le prévisionnel d'eau stocké est de 1,7 million de mètres cubes, ce qui n'est pas grand-chose par rapport aux 4 millions de mètres cubes utilisés aujourd'hui par Unicoque. Nous devrions en avoir réalisé cinq ou six d'ici à la fin de 2011. »

La préfecture s'est engagée à faciliter la mise en oeuvre du projet et le Conseil général à le soutenir financièrement.

3 millions d'euros pour les réserves d'eau

La coopérative Unicoque envisage de planter 1.500 ha de vergers en cinq ans dans le Sud-Ouest, dont 50 % en substitution d'autres cultures irriguées et 100 % en micro-irrigation. L'investissement total sera de 30 millions d'euros, dont 12 millions pour les vergers, 3 millions pour la création de retenues et 15 millions pour son outil industriel.

F.Q.