Dans un communiqué paru jeudi, les professionnels agricoles du Bassin Adour-Garonne estime que le texte de la circulaire précisant les conditions de mise en oeuvre de la réforme des prélèvements d'eau d'irrigation dans les bassins déficitaires « n'apporte aucune réponse concrète aux demandes de la profession ».

Selon la FRSEA, la chambre d'agriculture et Jeunes Agriculteurs, il « confirme en effet la vision initiale du ministère de l'Ecologie d'aligner les autorisations de prélèvements d'eau d'irrigation sur des volumes théoriques calculés sur des bases telles qu'elles priveront quatre années sur cinq l'agriculture de consommer les volumes nécessaires à ses besoins et inutilisables du fait de la nouvelle loi, alors même que l'eau sera disponible et que les autres besoins seront satisfaits, notamment le bon état écologique ; ce qui aurait été par exemple le cas en 2009 et 2010. »

« Cette situation intolérable, induite par une réforme portée essentiellement par une orientation politique visant délibérément à diminuer de façon draconienne l'irrigation dans le bassin Adour-Garonne, est ressentie comme une provocation par la profession agricole d'autant que d'autres solutions éprouvées existent, préservant les débits minimaix des rivières et la satisfaction des usages agricoles. »

Les professionnels du bassin Adour-Garonne regrette que « les conséquences socio-économiques de cette réforme n'ont jamais été évaluées en amont par les pouvoirs publics ; elles sont estimées par la profession à la perte immédiate de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires et la menace de la disparition de 5.600 emplois dans l'agriculture et l'agroalimentaire. Enfin, l'Etat n'engage aucun plan financier sérieux de création de ressource en eau, nécessaire pour satisfaire dans l'avenir l'ensemble des usages de l'eau dans le bassin Adour-Garonne, et n'assouplit pas ses règlements administratifs qui interdisent de fait actuellement toute création de ressource en eau à vocation économique ».

Ils en appellent ainsi « à une prise de position du plus haut niveau de l'Etat pour apporter des solutions adaptées au bassin Adour-Garonne ».