La Commission européenne a proposé jeudi aux experts des Etats membres de suspendre pendant deux ans l'utilisation de trois insecticides néonicotinoïdes (clothianidine, thiaméthoxam et imidaclopride) pour le maïs, le colza, le tournesol et le coton.

Cette mesure a suscité de sérieuses réserves de la part de plusieurs Etats, notamment l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Espagne, a appris l'AFP de sources communautaires.

Les experts vont présenter cette option dans leurs capitales et « si les conditions sont réunies », la Commission présentera une « proposition de règlement » pour permettre l'adoption de cette mesure.

Elle pourrait être soumise lors de la réunion des experts prévue le 25 février 2013 et si elle est adoptée, l'interdiction pourrait entrer en application le 1er juillet 2013, a expliqué Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire en charge de la Santé et des Consommateurs Tonio Borg.

Syngenta qui commercialise une des molécules incriminées, le thiaméthoxam avec par exemple son produit Cruiser 350 sur maïs, a fait paraître jeudi une lettre ouverte au ministre de l'Agriculture dans les médias français rappelant ses « actions en faveur des abeilles engagées depuis de nombreuses années ».

« Il est regrettable que tout cela survient alors que l'Anses, la DGAL, les instituts techniques, les semenciers, les distributeurs et les agriculteurs ont pris toutes les mesures nécessaires pour s'assurer d'une utilisation sûre et efficace de ces produits de protection des semences », écrit Martin Taylor, président du conseil d'administration de Syngenta dans la lettre ouverte.

Il affirme : « Il est clair que les produits modernes de protection des semences n'altèrent pas la santé des colonies d'abeilles. A ce jour, aucune corrélation claire n'a été démontrée entre l'usage de ces produits et le déclin des colonies. »

« Je me réjouis de cette décision de la Commission qui s'inscrit dans la droite ligne du retrait de l'autorisation de mise sur le marché du Cruiser OSR dont j'avais pris la décision dès juin 2012 », a indiqué pour sa part, Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agricutlure, cité dans un communiqué.

« Cette proposition permet de tirer les conséquences des avis de l'Efsa de façon claire et harmonisée pour l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne. La France restera attentive à ce que l'ambition affichée par ces propositions se traduise par des textes applicables pour la prochaine campagne de préparation de semences soit à partir du 1er juillet prochain, mais veillera aussi à ce que des alternatives soient disponibles pour les agriculteurs dans les situations qui le nécessitent », a ajouté le ministre.

I.E.