Dans un avis publié le 16 février 2016, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publie son expertise relative aux conditions d’assainissement des bâtiments d’élevage de volaille pour faire face à l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP).

Le Groupe d’expertise collective d’urgence (Gecu), mobilisé sur le sujet, observe que la durée des vides sanitaires en élevage de volailles n’est pas réglementée, excepté dans certains cahiers des charges de productions certifiées, labels ou agriculture biologique. « Une durée de 14 jours est souvent évoquée, mais n’est pas systématique », indique-t-il, en soulignant l’absence de données scientifiques disponibles pour définir avec précision une durée minimale. Mais il estime que, sous réserve que les opérations de nettoyage et de désinfection soient rigoureuses, contrôlées et validées, cette durée de 14 jours (incluant le préchauffage avant la mise en place des animaux) suffit à assainir un bâtiment de démarrage de volailles.

Le Gecu rappelle qu’un vide sanitaire est une « période d’absence d’animaux à la suite d’opérations de nettoyage et de désinfection d’une unité de production, suffisamment longue pour permettre une décontamination effective des lieux, devant permettre un assèchement des locaux et du matériel. » Sa durée débute à la fin de la première désinfection du bâtiment d’élevage, vidé de tout le matériel démontable, dont les abords ont été désinfectés, et dont les déjections ont été évacuées du périmètre de l’unité de production. Le vide sanitaire se termine à l’arrivée de nouveaux animaux.

De nombreux travaux scientifiques réalisés sur la capacité de survie de l’IAHP montrent une grande hétérogénéité du comportement des virus. Les durées de survie s’étendent de quelques heures à des centaines de jours, selon la température, le pH, la salinité, ou l’exposition aux UV. Des études épidémiologiques mettent en évidence que plus la durée du vide sanitaire est longue, moins le risque d’infection est élevé.