Cet événement est organisé par L’Éleveur laitier et La France agricole. Les différents jurys sont constitués d’experts et d’éleveurs.

Cinq Inel d’Or et trois mentions spéciales ont été décernées dans sept catégories : machinisme, matériel de traite, équipements d’élevage, nutrition, santé, services et sociétal.

Machinisme

Inel d’Or à Emily pour Scie’Rex : un nouvel outil de désilage

Le nouveau dispositif de désilage d’Emily est une scie mobile brevetée appelée Scie’Rex. Elle permet de désiler jusqu’à 2,60 m de largeur. Elle est adaptable sur la gamme de godets à tapis Dis’Fib. Avec ce nouvel outil, le constructeur annonce une excellente qualité de désilage, avec un front d’attaque net du haut vers le bas sur une largeur de coupe de 2,60 m. Deux brevets ont été déposés : pour le déflecteur mobile, qui permet de retenir le fourrage lors de la coupe, et pour le bloc hydraulique de gestion de la coupe (System Soft Control) qui autorise cinq inversions de sens par seconde sur la lame mobile et qui contrôle la descente du lamier pour maintenir la pression sur le tas d’ensilage. La Scie’Rex est capable de découper tous les types d’ensilages et de fourrages, même en brins longs. Grâce au System Soft Control, elle s’adapte à tous les engins porteurs, quel que soit leur débit hydraulique. Emily annonce un remplissage du godet très augmenté, comparé à un désilage par rotor mobile : plus 50 % de poids chargé du fait de la densité des tranches de fourrages découpées, proche de celle du fourrage stocké au silo.

L’avis du jury

« L’association de la scie de désilage et du déflecteur sur un godet fait l’originalité de cet équipement. Il permet de désiler avec une coupe franche sans défibrer le fourrage, en laissant un front d’attaque propre. Avec cette technique de désilage, l’utilisateur appréciera l’augmentation du poids de chargement dans chaque godet. La Scie’Rex facilite aussi la reprise d’ensilage à brins longs et de balles enrubannées. Avec son bloc hydraulique de gestion de coupe, ce godet s’adapte à tous les engins porteurs. »

Matériel de traite

Inel d’Or à Delaval pour DCA, le contrôle précis de la qualité du lavage

L’outil d’analyse de lavage Delaval, DCA, est un nouveau service qui permet de détecter les anomalies de lavage sur une installation de traite. Ce lavage repose sur trois actions. L’action mécanique, en créant des turbulences dans le lactoduc. C’est l’effet des bouchons d’eau pulsés par de l’air. L’action thermique, avec une eau suffisamment chaude dans le réseau. Enfin, une action chimique avec l’usage de détergents désinfectants sur une durée suffisante. Le système DCA analyse les deux premiers paramètres : les actions mécanique et thermique. Un capteur est installé au niveau de l’injecteur d’air, un autre dans la chambre de réception. Ils mesurent les variations de pression au moment où le bouchon d’eau passe. Celles-ci sont ensuite analysées pour évaluer si le bouchon a la bonne longueur et la bonne vitesse au niveau de sa création, mais aussi à l’arrivée dans la chambre de réception. La température de l’eau est mesurée dans le lactoduc en bout de ligne. L’innovation DCA tient essentiellement à son logiciel et ses algorithmes qui analysent le lavage sur toute la durée du cycle. DCA est un service Delaval qui peut être utilisé en cas de problème sur la qualité du lait pour vérifier les performances du lavage, ou en routine, tous les ans au moment du contrôle de la machine, afin de prévenir toute détérioration de la qualité du lait.

L’avis du jury

« Ce matériel est intéressant dans le sens où il permet de réaliser plusieurs mesures simultanément, notamment la turbulence dans le lactoduc durant le nettoyage mais aussi la température, la durée des différentes phases de lavage (chrono-datage) et la présence de produit de nettoyage et de désinfection (par conductivité). L’intérêt est également la présence d’une méthodologie de contrôle. Ce sera un outil de conseil plus objectif pour le contrôle et le réglage des installations de traite. Jusqu’à présent, il était difficile de contrôler la qualité de la turbulence, permettant de nettoyer la totalité de la surface ayant pu être en contact avec le lait, comme la partie haute du lactoduc. Cela pourrait aboutir à des nettoyages plus efficaces et éventuellement à de meilleures utilisations de l’eau et des produits de nettoyage. »

Équipements d’élevage

Inel d’Or à Lely pour Discovery 120 Collector, le robot racleur pour sols pleins

Le robot racleur Lely Discovery 120 Collector ne pousse pas le lisier, il l’aspire. Autre innovation, avec ses deux buses, il peut arroser le sol, à l’avant et à l’arrière de la machine, pour un nettoyage encore plus performant pendant les périodes chaudes ou dans les zones séchantes du bâtiment. Cet arrosage prévient aussi la formation d’une croute sur le sol qui devient souvent glissante pour les animaux. Lely met en avant l’économie de la construction de marches destinées à diriger les racleurs traditionnels dans le bâtiment. Le Discovery 120 Collector se compose de quatre éléments : le racleur, la station de vidange, la station de recharge d’électricité et la station de recharge en eau avec sa réserve de 80 litres. La collecte du lisier se fait dans une réserve. L’aspiration de l’air par une pompe à membrane provoque une dépression dans la réserve et entraîne l’aspiration du lisier au niveau de la bouche de raclage. Quand le robot a terminé son circuit dans le bâtiment, il se dirige au-dessus de la station de vidange. Le robot est capable de vidanger à trois endroits. Le Discovery 120 Collector utilise plusieurs capteurs pour se repérer dans l’espace : deux ultrasons pour repérer le mur, un gyroscope pour son orientation, des encodeurs pour connaître la distance parcourue et un ordinateur de bord pour se localiser dans le bâtiment. Il mesure 1,40 m de longueur, 1,20 m de largeur et 0,60 cm de hauteur. Son poids est de 385 kg et il possède une réserve de lisier d’une capacité de 340 litres. Il est capable de nettoyer seul un bâtiment de 500 m², soit environ 100 vaches.

L’avis du jury

« C’est incontestablement un équipement innovant, capable de résoudre certaines contraintes de raclage. Il permettra de concevoir des bâtiments sans marches, en supprimant notamment les seuils entre les couloirs de logettes, obligatoires avec les racleurs traditionnels et souvent pénibles à nettoyer. Il s’adaptera aussi aux situations compliquées, par exemple quand la fosse n’est pas dans l’axe du couloir de raclage. Avec ce robot, on peut espérer avoir des sols plus secs dans le bâtiment. C’est une technologie maîtrisée, déjà utilisée avec le robot racleur pour caillebotis. Lely annonce une capacité de nettoyage de 500 m² au maximum. Cela reste à vérifier et si deux robots sont nécessaires, l’investissement devient conséquent. »

Équipements d’élevage

Mention spéciale à Holm § Laue pour le Taxi-lait 4.0 : un taxi connecté

Le Taxi-lait 4.0 possède dans son logiciel les courbes d’alimentation de chaque veau jusqu’au sevrage. Équipé d’une antenne, il identifie la niche individuelle ou le groupe de veaux où a été placé un transpondeur. L’éleveur n’a plus à se soucier de l’alimentation de chaque individu. Le Taxi-lait reconnait leur parc, leur âge, leur stade de croissance, et donne la bonne quantité de lait. La distribution peut être déléguée à une personne ne connaissant rien à l’élevage. Pendant la préparation, l’utilisateur n’a pas non plus à calculer la quantité de poudre, d’eau ou de lait entier qu’il doit transporter et qui peut être différente à chaque repas. Le Taxi-lait 4.0 lui donne automatiquement cette information en fonction du nombre et de l’âge de chaque veau à nourrir.

L’avis du jury

« Il s’agit d’un Dal mobile qui permet d’alimenter les cases individuelles des veaux et de distribuer l’exacte quantité de lait à chaque individu. Cet équipement facilitera le développement d’un logement des veaux en extérieur, avec distribution de la buvée au seau, donc moins de risques sanitaires qu’un Dal avec tétine unique. Il est particulièrement adapté aux grands troupeaux employant une main-d’œuvre peu qualifiée. »

Nutrition

Inel d’Or à Inzo pour le rationnement PROTeAM AADI

Cette nouvelle approche de rationnement consiste à formuler des aliments et des rations qui couvrent les besoins de la vache laitière sur les quatre principaux acides aminés : méthionine, lysine, histidine et leucine. En 2014, les travaux de l’Inra ont démontré qu’une meilleure couverture des besoins en acides aminés de la vache laitière permet d’améliorer significativement le rendement des protéines. Deux objectifs en découlent : pour un même apport de protéines dans la ration, améliorer les performances de production, ou maintenir les performances en réduisant les apports en protéines. Cette meilleure efficience de l’azote en réduit aussi les rejets, notamment pour l’urine. Le raisonnement nutritionnel d’Inzo se fait sur deux niveaux : couvrir les besoins en azote de la flore du rumen par des sources protéiques peu chères (urée, vinasse, tourteaux solubles) ; couvrir les besoins complémentaires de la vache en acides aminés digestibles par des apports de tourteaux tannés naturellement (Sweetan) et d’un complément de méthionine protégé (Métasmart). Pour cela, Inzo a développé un nouveau module de rationnement, Aliplan AADI qui réalise des rations ajustant les besoins en acides aminés digestibles de chaque troupeau. Cette approche plus précise de la nutrition protéique limite également l’emploi du tourteau de soja dans les rations.

L’avis du jury

« C’est une démarche intéressante et novatrice. La première à reprendre les dernières découvertes de l’Inra de Rennes sur l’efficience d’utilisation des PDI chez la vache laitière en corrigeant le profil des rations sur les quatre acides aminés : méthionine, lysine, histidine et leucine. Cette approche désormais opérationnelle utilise les tourteaux tannés naturellement par réaction de Maillard (Sweetan), proposés par Inzo depuis deux ans. Il n’y a aucun doute sur l’efficacité de ce rationnement et sur l’économie d’azote possible, et la diminution des rejets dans l’environnement. L’intérêt économique pour l’éleveur reste à étudier au cas par cas. Précisons aussi qu’un rationnement fin sur les acides aminés ne prend de sens dans le calcul de ration que lorsqu’un minimum d’analyses est fait sur les principaux aliments de la ration (donc les fourrages). Sinon, on passe à travers toutes les variations de composition de fourrage et donc de complémentation fine. »

Santé animale

Mention spéciale à MS Schippers pour MS Bi-Check, la double pince à onglons

MS Bi-Check est une double pince en Inox d’exploration des onglons. Son bec permet d’écarter les onglons du bovin pour examiner intégralement l’espace interdigité. La détection des lésions sur le pli du talon et entre les onglons est ainsi facilitée. L’écartement des onglons est de 2,1 cm au maximum pour éviter toute douleur à l’animal. Cet écartement permet une application plus aisée d’un produit de soin sur toute la zone atteinte. Les branches de la pince MS Bi-Check se terminent en mâchoires, lui conférant une fonction de pince à sonder les onglons. En cas de boiterie sans lésion visible, elle permet de détecter la zone douloureuse. La double pince MS Bi-Check est dotée d’une pièce aimantée pour la fixer à la cage de parage.

L’avis du jury

« Certes, ce n’est pas un équipement révolutionnaire, mais nous avons voulu signaler un outil bien pensé, pratique, qui facilitera l’acte du parage des bovins et l’application des traitements. Nous pensons que cela répond à un besoin. Nombre de pareurs utilisent des pinces serre-clips pour écarter les onglons. Ils auront désormais l’outil ad hoc. »

Services

Mention spéciale à Biomin, pour son Mycokit, outil de gestion du risque en mycotoxines

Cet outil permet une interprétation rapide par l’éleveur du risque de contamination en mycotoxines du fourrage. Il comprend quatre volets.

  • Une table d’évaluation du risque en mycotoxines dans l’exploitation qui permet une première approche qualitative rapide en confrontant notamment les symptômes exprimés par les animaux aux effets des différentes mycotoxines.
  • Un guide des bonnes pratiques d’échantillonnage pour les analyses mycotoxines, étape clé pour la qualité du résultat.
  • Un récapitulatif à envoyer au laboratoire en même temps que les échantillons.
  • Un calculateur mis au point par Biomin qui permet d’interpréter les résultats d’analyses et le niveau d’exposition des animaux. En fonction du résultat, un dosage de la solution antimycotoxines est proposé.

L’avis du jury

« Nous avons voulu signaler un outil simple, pratique, utilisable facilement par les éleveurs et qui concerne un problème concret dans les élevages : le risque en mycotoxines. Nous sommes souvent un peu perdus par rapport à ce dernier. Le Mycokit a le mérite d’aider l’éleveur à réussir un échantillon, pour une analyse fiable, et à interpréter les résultats de ces analyses. »

Sociétal

Inel d’Or à Copeeks, pour Peek, un boîtier connecté pour bâtiments, parcelles et troupeau

Le boitier Peek est un boîtier connecté fournissant photos, vidéos HD et données d’environnement accessibles sur PC, tablette et smartphone au travers du navigateur web ou de l’application Telegram. Intégré dans un bâtiment d’élevage, le boîtier Peek permet par sa remontée d’informations aux éleveurs ou professionnels les accompagnant d’optimiser la conduite du troupeau. Par l’usage d’un outil numérique, l’éleveur peut aussi optimiser son temps consacré au suivi en présentiel et réaliser analyses et tableaux de bord partageables sur une plateforme collaborative.

L’avis du jury

« Peek est un boîtier transportable et adaptable à différents environnements : bâtiments ou parcelles. Il mesure température, humidité, pression atmosphérique et possède des capteurs photos et vidéo HD. Via ces images transmises sur tablette ou smartphone, l’éleveur peut par exemple détecter une boiterie, un problème de circulation d’animaux… L’utilisateur accède aussi à une plateforme collaborative où toutes les données sont accessibles. »