Selon le communiqué diffusé ce 19 octobre 2019, le ministère a pris cette décision à la suite de l’avis rendu par l’Anses, l’agence de sécurité sanitaire des aliments. Il avait saisi l’agence le 2 octobre 2019, pour évaluer les risques alimentaires pouvant découler des retombées du panache de fumée généré par l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen en Seine-Maritime. Il avait levé les restrictions mises en place sur les produits laitiers en début de semaine.

L’Anses se prononce

L’avis de l’Anses rendu ce 19 octobre 2019 porte sur 502 résultats d’analyse sur les produits soumis à restriction qui ont été prélevés entre le 28 septembre et le 10 octobre. Ces prélèvements ont eu lieu dans des exploitations sentinelles choisies sur la base de critères d’exposition au risque dans les 5 départements concernés par les restrictions de commercialisation : La Seine-Maritime, l’Aisne, la Somme, le Nord et l’Oise.

Parmi les productions végétales, étaient concernés les légumes feuilles (salades, endives), légumes-racines (pommes de terre, betteraves, tubercules), ou encore les fruits. L’Anses a aussi étudié le maïs ensilage, le foin et les herbes de pâture. Les contaminants sur lesquels l’Agence s’est penchée sont des dioxines et furanes, des PCB, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des éléments traces métalliques (cadmium, plomb, mercure).

En dessous des teneurs maximales réglementaires

Le groupe d’expertise conclut que les résultats d’analyse « ne dépassent pas les teneurs maximales réglementaires, sauf pour quatre échantillons de légumes sur 35, [pour le plomb]. Des concentrations en plomb dans l’herbe, le foin, la luzerne dépassent également la valeur des plans de surveillance et de contrôle. » Ces valeurs restent toutefois inférieures aux teneurs maximales réglementaires.

Concernant les dioxines, les furanes et les PCB-DL, l’Anses relève des concentrations significativement supérieures à celles des plans de surveillance et de contrôle dans certaines productions : les œufs, le maïs, les ensilages, l’herbe, le foin, la luzerne et le maïs grain. Mais là encore à des valeurs inférieures aux teneurs maximales réglementaires. Les experts recommandent la mise en place d’un plan de surveillance adapté pour vérifier l’absence de contaminations ultérieures liée à une éventuelle contamination des sols, notamment.

« Au vu de ces éléments, la DGAL, Direction générale de l’alimentation, demande ce jour aux préfets des 5 départements concernés de lever les arrêtés préfectoraux, assure le ministère dans son communiqué. L’ensemble des restrictions de commercialisation sur les productions agricoles sont levées. L’Anses formulera des recommandations complémentaires dans les prochaines semaines pour ajuster cette surveillance renforcée de long terme des productions agricoles. »

E.R.