La Coordination rurale (CR), dans un communiqué daté du 18 juin 2012, fait état « d'un faux pas de Stéphane Le Foll » concernant la libre importation de céréales d'Ukraine.

Le communiqué précise que « le Comité de gestion de Bruxelles a voté le 14 juin, avec l'aval de la France, la mise à zéro du droit de douane applicable aux importations contingentées de blé de basse et moyenne qualité destiné à l'alimentation animale pour les six prochains mois ». La Coordination rurale rappelle que lors des précédentes réunions, la France s'était opposée à cette décision qui n'avait donc pas pu être mise en oeuvre.

« La veille, lors du conseil spécialisé des céréales de FranceAgriMer, le représentant du ministère avait évoqué ce changement de position de la France motivé très maladroitement “pour aider les éleveurs”. Le représentant de la Coordination rurale s'était alors vivement opposé, demandant à la France de revoir sa position, chose qui n'a donc pas été entendue », précise le syndicat.

La CR et l'OPG (Organisation des producteurs de grains, branche de la CR) s'étonnent de « la position officielle de la France qui consiste à sanctionner le comportement antidémocratique de l'Ukraine en n'envoyant aucun membre du gouvernement assister à la coupe européenne de football soit contredite par cet accord de démantèlement des droits de douane vis-à-vis des importations en provenance de ce pays ». 

La Coordination rurale estime que « cette démarche va contribuer à la volatilité intérieure des prix en neutralisant un des derniers moyens de régulation. Cela va obliger les céréaliers français à vendre à prix inférieur sur les pays tiers du blé et de l'orge qui étaient destinés au marché européen. Elle ajoute que les agriculteurs, qui veulent vivre de prix rémunérateurs, interprètent cela comme un signal très négatif envoyé par le nouveau gouvernement ».

Enfin, la Coordination rurale explique que ce blé ne rentrera pas sur le marché français mais dans les autres pays de l'UE, ne profitant donc qu'à l'élevage allemand et espagnol. « C'est encore un mauvais coup porté à la compétitivité des éleveurs français puisque ce sont leurs principaux concurrents qui vont bénéficier des prix bas des céréales ukrainiennes. »

F.V.