« Pour les éleveurs laitiers Josselin et Felix Peschet, le nouveau zonage représenterait 13 000 € de revenus en moins. Le plan d’entreprise serait difficile à tenir et l’avenir de leur installation mis en péril », dénonçait Laurent Leray, porte-parole de la Confédération paysanne de la Normandie, le 17 mars à l’issue d’une rencontre organisée la veille sur le Gaec de ces deux associés aux Isles-Bardel en Suisse normande.

Les éleveurs en question qui produisent environ 400 000 l de lait sur 95 ha, exploitent 10 ha inaccessibles en tracteur, 85 ha sont sur des terres très séchantes et superficielles et autres étant des parcelles humides de la vallée de l’Orne. « Ils produisent 8-9 t/ha de matière sèche en maïs fourrage et jamais plus de 50 q/ha en blé. La reconnaissance de leur exploitation en zone sensible est vitale dans leur projet d’exploitation », souligne Laurent Leray.

Ubuesque

« En parallèle des secteurs « plutôt favorables » de la plaine de Caen, de la plaine d’Argentan ou les polders du Mont-Saint-Michel intègrent le zonage de l’ICHN », s’offusque le porte-parole du syndicat. La cause de cette situation ubuesque se trouve dans un mode de calcul injuste. « Pris isolements, les territoires du pays de Carrouges et de la Suisse normande sont dans les critères de l’ICHN tels que définis par les mesures biophysiques de l’Union européenne. Ils s’en retrouvent cependant exclus sur le critère du chargement en unités gros bovins en raison du mode de calcul qui les a inclus dans un territoire plus vaste ».

Le dossier de l’ICHN est aussi étroitement lié à celui de l’installation car l’ICHN donne droit à une bonification de la dotation au jeune agriculteur (DJA). Dans une lettre adressée au ministre de l’Agriculture le 17 mars, les Jeunes Agriculteurs de la Normandie dénoncent d’ailleurs « qu’un problème essentiel se pose pour la dotation au jeune agriculteur ». La FDSEA et la Coordination rurale réclament également que le zonage réintègre ces zones reconnues historiquement comme sensibles.

« Mais jusqu’à présent le ministre de l’Agriculture n’a pas les solutions techniques pour réintégrer les zones dans la cartographie, ni pour exclure la plaine de Caen, déplore Laurent Leray, de la Confédération paysanne. Une autre rencontre aura lieu en avril. Nous reprochons au ministre de l’Agriculture d’avoir tant tardé pour mettre le dossier sur la table. »

Alexis Dufumier