Avec leurs tracteurs en travers de la route et quelques bottes de paille, les agriculteurs laisse passer les voitures au compte-gouttes sur la route de Massy ce vendredi 24 août. Pour eux, le classement en zone défavorisée est essentiel au maintien des activités d’élevage.
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Avec leurs tracteurs en travers de la route et quelques bottes de paille, les agriculteurs laisse passer les voitures au compte-gouttes sur la route de Massy ce vendredi 24 août. Pour eux, le classement en zone défavorisée est essentiel au maintien des activités d’élevage.

Les touristes baissent leurs fenêtres et reçoivent un prospectus sur lequel on lit : « Touche pas à ma Zone Def’! ». Étonnés, ils découvrent que les prairies qu’ils sont venus admirer n’existeraient pas sans les troupeaux. Plus surprenant encore, ils apprennent qu’une réforme des zones soumises à contraintes naturelles menace ce paysage bourguignon.

Blanot, Bray, Donzy, Chissey, Cortambert, Bissy, Berzé : avec leurs vaches et leurs petits ruminants, ces huit communes aux alentours de Massy font figure d’exception dans la région viticole du beaujolais-maconnais. « On est dans des zones où on ne peut faire que de l’herbe », rappelle Edith Bruneau, animatrice à la FDSEA71. Avec des contraintes et des résultats bien différents de la viticulture, les aides de l’ICHN représenteraient environ 15 000 euros annuels pour chacune les 29 exploitations des éleveurs de ce secteur.

Mobilisation locale d’ampleur

Parmi les soixante-dix personnes présentes autour du barrage filtrant ce vendredi matin se sont également glissés les maires des communes concernées, le président de la communauté de commune, des élus locaux du conseil départemental et des parlementaires.

Barrage filtrant à Massy. @FDSEA71

Une ou deux heures s’écoulent à distribuer les tracts. Plusieurs centaines de voitures défilent. Le groupe attache ensuite les panneaux des communes à l’avant des tracteurs, avant d’emprunter la RCEA, la voie express. Ignorant les klaxons, ils vont le plus lentement possible : cette opération escargot fait elle aussi partie de leur plan.

Arrivés à Mâcon, ils attachent ensuite les panneaux des communes aux grilles de la préfecture, comme autant de symboles du futur régional. « Si l’élevage disparaît, rappelle Mme Bruneau, les communes n’existent plus. »

Panneaux des communes sur les grilles de la préfecture @FDSEA71

Reçus plus tard par le préfet, les exploitants sont écoutés, mais aucun engagement n’est pris.

Démontrant leur solidarité, les élus des huit communes concernés et le président de la communauté de commune ont pour leur part menacé de démissionner. « Cette affaire aberrante nous tient à cœur, explique à l’AFP M. Delpeuch, président de la communauté de communes, car elle s’ajoute au sentiment qu’ont les ruraux d’être rejetés par ce gouvernement. »

Un sujet qui traîne

Les échanges entre le ministère de l’Agriculture et Bruxelles sur le sujet ont commencé au printemps dernier. Dès le mois de juin, certains syndicats avaient tiré la sonnette d’alarme.

Les préfets ont pour leur part envoyé au ministère au cours de l’été la première partie de leur diagnostic territorial. Une deuxième livraison préfectorale est attendue pour le 1er septembre, afin de préparer le comité de pilotage qui avait été annoncé pour octobre.

C’est la Commission européenne qui devrait avoir le dernier mot dans un feuilleton qui dure depuis plusieurs mois : sa réponse serait également attendue à l’automne.

Silence gouvernemental

Pour les habitants des communes concernées, le processus de redéfinition des zones demeure opaque. « À part le préfet, dénonce le président de la communauté de communes. Nous n’avons jamais eu la moindre réponse du ministère de l’Agriculture, c’est un vrai trou noir. »

Un courrier envoyé il y a quelques semaines par les maires est resté sans réponse officielle. En revanche, les élus ont reçu une lettre du commissaire européen Phil Hogan. Selon la FDSEA71, les États-généraux de l’alimentation seraient en partie responsables du manque de visibilité actuel. « Le sujet a été mis de côté depuis le mois de mai », estime Edith Bruneau.

Au milieu de l’été, avec des revendications similaires, des éleveurs de l’Aude avaient pour leur part bloqué le Tour de France. Avec son action, la Saône-et-Loire vient d’inscrire un nouveau thème à l’agenda de rentrée du ministre.

Ivan Logvenoff avec l’AFP