La Commission européenne a lancé mercredi le programme « Horizon 2020 », doté d'un budget de 15 milliards d'euros pour les deux premières années, en présentant les premiers appels à projets retenus. Sur les sept ans de sa durée, le programme de recherche et d'innovation de l'Union européenne est doté d'un budget de 80 milliards d'euros.

« Ce financement, dont plus de 15 milliards d'euros sont prévus pour les deux premières années, doit contribuer à donner un nouvel élan à l'économie de la connaissance en Europe et à répondre aux problématiques qui sont au coeur de la vie des citoyens », explique la Commission dans un communiqué. Pendant la période 2014-2015, les actions couvriront principalement douze domaines, incluant des thèmes tels que les soins de santé personnalisés, la sécurité numérique et les villes intelligentes... ou l'agriculture et la sécurité alimentaire (voir l'encadré).

La Commission veut offrir « aux chercheurs et aux entreprises une plus grande certitude qu'auparavant concernant l'orientation de la politique de recherche de l'UE ». La plupart des appels à projets au titre du budget de 2014 sont ouverts dès aujourd'hui, d'autres suivront dans le courant de l'année.

Les appels au titre du seul budget de 2014 représentent un financement de 7,8 milliards d'euros, axé sur les trois piliers essentiels du programme « Horizon 2020 » que sont l'excellence scientifique (près de 3 milliards d'euros), la primauté industrielle (1,8 milliard d'euros pour soutenir des domaines tels que les nanotechnologies, la robotique, ou encore les biotechnologies...), et les enjeux de société.

La sécurité alimentaire durable à l'horizon de 2020

Dans le cadre de ses appels à projet, la Commission a prévu d'allouer 138 millions d'euros en 2014 aux recherches dans le domaine de la sécurité alimentaire. Elle représente un « défi majeur pour notre société » qui relève « également (d'une) importance économique cruciale » en rapport avec les niveaux des exportations agricoles en 2011 (environ 7 % de la valeur totale des exportations de l'UE) et en termes d'emploi (17 millions de personnes travaillaient dans l'agroalimentaire en Europe en 2011). L'objectif est de « développer des systèmes de production alimentaire aquatiques et terrestres compétitifs et économes en ressources et technologies, pour une chaîne alimentaire durable », ainsi que de faire la promotion d'une alimentation saine. Les recherches pourront aussi appréhender les facteurs mondiaux pour la sécurité alimentaire. La Commission attend en retour de ces efforts de recherche un gain de 20 % de l'utilisation efficace des ressources, gagner en productivité dans la production primaire, et faire progresser la politique de sécurité alimentaire « à la lumière de nouvelles preuves scientifiques ». Elle espère aussi « réduire les problèmes de santé dus à une mauvaise nutrition », comme la surcharge pondérale et l'obésité.

Une partie de ces 138 millions d'euros ciblera la lutte contre les ravageurs indigènes et exotiques des cultures.

Le Copa-Cogeca, l'organisation fédérant les agriculteurs et les coopératives européennes, a salué le lancement des premiers appels à projets dans le cadre de ce plan « Horizon 2020 ». Il « permettra aux agriculteurs et à leurs coopératives de participer à toutes les phases des projets et d'y être pleinement engagés, apportant ainsi une contribution déterminante à l'agenda de recherche et d'innovation ».

Il permettra de « soutenir la compétitivité des exploitations agricoles et des entreprises alimentaires européennes à l'aide de personnes qualifiées dans le secteur agroalimentaire. Il est essentiel de combler le fossé entre recherche scientifique et pratique et de garantir que les propositions soient orientées vers les besoins, les problèmes et les opportunités des utilisateurs finaux ».

Sur ce dernier pilier, 2,8 milliards d'euros sont alloués à des projets innovants portant sur les sept enjeux de société définis dans le programme « Horizon 2020 » : la santé et la sécurité alimentaire, une agriculture et une exploitation forestière durables, les activités maritimes et la bioéconomie, l'énergie, les transports, l'action pour le climat, l'environnement, ou encore l'utilisation rationnelle des ressources et des matières premières.

Les appels relatifs à la période 2014-2015 concernent notamment 500 millions d'euros sur deux ans en faveur de petites et moyennes entreprises (PME), au travers d'un nouvel instrument pour les PME, annonce Bruxelles.

« De nouvelles règles » établissent le « libre accès » comme « une des exigences du programme “Horizon 2020”, afin que les résultats des projets publiés soient librement accessibles à tous », souligne la Commission.

Le Copa-Cogeca, l'organisation fédérant les agriculteurs et les coopératives européennes, a réagi à cette annonce de la Commission, soulignant qu'il est « urgent d'entamer la collaboration au vu de la date butoir du 12 mars 2014 pour la soumission des candidatures pour les projets multi-acteurs, laquelle approche rapidement ».

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