L’utilisation de ce produit a soudainement bondi cette année après la commercialisation par Monsanto de semences de soja et de coton génétiquement modifiées le tolérant.

Mais le dicamba a aussi tendance à se propager sur les champs alentour. Il a ainsi été éparpillé involontairement sur environ 4 % des champs de soja aux États-Unis. L’impact exact sur les rendements n’est pas encore quantifié mais les agriculteurs touchés évoquent des feuilles qui se sont bombées et froissées.

Face à l’afflux de réclamations au printemps et cet été, l’agence de l’Arkansas en charge de la régulation des pesticides a recommandé au début de novembre d’interdire définitivement son utilisation entre le 16 avril et le 31 octobre, une décision qui doit encore être approuvée par les législateurs de l’État.

Plusieurs millions de dollars investis

Même si elle n’est pas encore entérinée, la décision d’interdire le dicamba pendant la saison des récoltes « cause déjà des dommages irréparables aux sociétés vendant des semences et des produits chimiques, dont Monsanto, qui ont investi plusieurs millions de dollars pour développer des semences tolérant le dicamba et/ou des nouvelles technologies limitant la volatilité de l’herbicide », argue l’entreprise dans une plainte.

Environ 30 % des agriculteurs vont acheter leurs semences d’ici à la fin de l’année et le reste en janvier et février, et ils baseront en partie leur décision sur la disponibilité, ou l’indisponibilité, des produits, fait valoir encore Monsanto.

Dans la foulée de l’Arkansas, la chambre d’Agriculture de l’État du Missouri a aussi décidé vendredi de limiter l’utilisation du dicamba à partir du 2 juin dans certains comtés, et à partir du 15 juillet dans l’ensemble de l’État.