« Nous avançons très bien avec la Chine, et nous parlons ! » a renchéri plus tard le président américain dans un tweet, sans donner plus de détails. « Si les négociations reprennent de façon substantielle, alors nous ferons venir la Chine à Washington pour une réunion des chefs négociateurs afin de poursuivre les discussions », avait expliqué Larry Kudlow lors de l’émission Fox News Sunday.

Discussions entre hauts-fonctionnaires

Ce sont les hauts-fonctionnaires des deux camps qui doivent pour l’heure se parler au téléphone « dans la semaine ou les 10 jours à venir » afin de tenter de défricher le terrain. Les déclarations du conseiller de la Maison Blanche laissent toujours planer le doute sur l’arrivée d’une délégation chinoise à Washington en septembre, qui devait faire suite à une visite à Shanghai d’une délégation américaine.

Larry Kudlow souligne toutefois que la conversation téléphonique qui a eu lieu à la mi-août dans la foulée de Shanghai et les négociateurs chinois Liu He et Zhong Shan « a été bien plus positive que ce qu’ont rapporté les médias ». Les marchés financiers, rendus extrêmement nerveux par toute une série de signes d’un fort ralentissement de l’économie mondiale, scrutent la moindre information sur ce front et réagissent fortement.

« N’ayons pas peur d’être optimiste »

Le conseiller du président Trump n’a d’ailleurs eu de cesse de marteler un message positif sur la croissance américaine : « N’ayons pas peur d’être optimiste. » Les négociations entre la Chine et les États-Unis ont commencé pour de bon en janvier et semblaient avoir fait assez de progrès pour laisser espérer la conclusion rapide d’un accord. Mais au printemps, le président américain a abruptement mis fin aux discussions.

Finalement, les deux camps ont repris langue au plus haut niveau, Donald Trump et Xi Jinping, en marge du sommet du G20 à Osaka en juin. Mais, peu après, l’hôte de la Maison Blanche a décidé d’annoncer l’imposition à partir du 1er septembre de 10 % de tarifs douaniers punitifs sur les 300 milliards de dollars de produits importés de la Chine jusque-là épargnés.

Report de taxes

Donald Trump, qui est en campagne pour sa réélection, a finalement décidé de reporter au 15 décembre l’imposition de cette taxe sur toute une série de produits de grande consommation afin de ne pas gâcher les fêtes de fin d’année des Américains. Ce geste a été perçu comme une concession à la Chine et un demi-aveu que les tarifs douaniers pouvaient bien avoir un impact sur l’économie américaine.

Le principal conseiller du président en matière de commerce, Peter Navarro, a tenté dans plusieurs émissions dominicales de convaincre du contraire. Donald Trump s’est décidé à ce report après avoir rencontré des chefs d’entreprise qui lui ont expliqué que leurs contrats étaient libellés en dollars et que l’imposition des droits de douane sur des produits qu’ils importent pour les fêtes les impacterait donc de plein fouet, a-t-il expliqué sur ABC.

La guerre des chiffres

Selon lui, ces chefs d’entreprise ont indiqué au président qu’ils « délocalisaient toute leur production hors de la Chine ». Peter Navarro s’est aussi défendu avec vigueur de toute contradiction dans les affirmations de l’Administration qui, d’un côté, déclare que le coût des tarifs douaniers est entièrement supporté par les Chinois et, de l’autre, reporte une partie de ces tarifs en raison de l’impact potentiel sur le consommateur américain.

Sur CNN, il a affirmé qu’« il n’y a absolument aucune preuve que le consommateur américain doive en supporter les conséquences », contredisant plusieurs études récentes allant dans le sens contraire, dont celles du FMI, de la banque centrale régionale de Boston ou encore de l’université Harvard.

AFP