L’arrivée de Donald Trump au pouvoir aux États-Unis pourrait avoir des conséquences inattendues sur l’ensemble des marchés agricoles. La Rabobank a établi des hypothèses sur les prix mondiaux du soja et du porc en cas de guerre commerciale entre Pékin et Washington. Elle se fonde sur la probable mise en place de barrière douanière sur les produits agricoles américains par la Chine en réaction à des mesures que prendraient les États-Unis sur les produits chinois.

Sur les 86 millions de tonnes (Mt) de soja qu’importe la Chine, 34 Mt viennent des États-Unis. C’est pourquoi la Rabobank estime qu’il serait compliqué pour ce pays de bloquer les exportations américaines. Cependant, si la Chine mettait en place un tel embargo, les pays de l’Amérique du Sud seraient aujourd’hui capables de fournir 76 Mt sur les 86 nécessaires à Pékin. Pour les 10 Mt de tonnes restantes, la Chine pourrait acheter à des prix plus élevés pour puiser dans les stocks sud-américains. Les pays de l’Amérique latine pourraient également produire moins de tourteaux de soja pour exporter plus de soja non transformé, perturbant au passage l’ensemble du commerce du tourteau mondial. Une autre solution pour les Chinois serait d’importer plus de tournesol et de colza.

Hausse des prix du soja

Les conséquences de ce type de scénario seraient une hausse du prix du soja. En Amérique du Sud, cette augmentation serait corrélée à une demande plus importante. Aux États-Unis, elle serait consécutive à une baisse des surfaces, qui, elle-même, répondrait à l’embargo de la Chine. Un phénomène de transfert pourrait apparaître avec du soja américain importé en Amérique du Sud pour la consommation locale, alors que la production indigène partirait en Chine. L’Europe et l’Asie du Sud-Est seraient, quant à elles, obligées d’augmenter leurs importations en provenance des États-Unis faute de disponibilités dans le sud du continent.

L’Europe pourrait répondre à la demande en porc

Concernant le porc, les États-Unis représentent 13 % des achats chinois. En cas d’arrêt de ces importations, la Rabobank estime que l’Europe serait en capacité d’augmenter sa production en cas de mise place d’un accord avec des entreprises chinoises. Autre aspect d’une telle hypothèse, la consommation de porc chinoise devrait baisser devant la hausse des prix. La production locale de porc aurait des difficultés à se substituer aux importations américaines du fait de la hausse conjointe du prix du soja.

T.D.