Les groupes, « forces vives de proximité », veulent se tourner résolument vers l’avenir. « Dans nos débats, le mot “nouveau” est revenu sans cesse : nouvelles équipes avec un fort renouvellement dans trois régions en particulier, nouveaux élus, nouveau fonctionnement des régions, nouvelles idées, nouveaux projets », devait insister Olivier Tourand, le président de la FNGeda en clôturant les travaux.

Les groupes de développement, qui au départ avaient une vocation généraliste, ont créé depuis quelques années en leur sein des groupes thématiques : « Car qu’on le veuille ou non, tout le monde ne veut pas le même menu ». Et les groupes thématiques ont le vent en poupe dans un environnement où les individus se positionnent de façon très consumériste.

Sur le terrain, les fédérations régionales ont suivi ces demandes sur des thèmes comme l’agroécologie, la méthanisation, l’agriculture de conservation, les points de vente collectifs, la valorisation des territoires, ou encore le bien-être dans les exploitations, réflexion largement menée par les groupes féminins.

Autre nouveauté qui a beaucoup occupé cette assemblée : la création des nouvelles régions encourage les groupes à se réorganiser et à s’associer avec d’autres acteurs proches pour faire avancer leurs projets. Un manifeste est d’ailleurs en cours de rédaction entre Trame, la FNGeda, la FNCuma, Gaec et Sociétés, la FNCivam. Ces collectifs de terrain partagent les mêmes valeurs d’innovation et de progrès, avec comme objectif final de vivre de son métier. Ils voudraient faire partager leur vision ascendante du développement, qui part des demandes de terrain.

Imaginer une autre forme d’innovation collective

Selon Olivier Tourand, « nous sommes des collectifs proactifs, souples, réactifs. Ce n’est pas le national qui réfléchit pour nous. En revanche, nous avons besoin aussi d’animateurs en propre pour accompagner nos projets. Les thèmes à travailler doivent venir de la base, sans s’interdire de pistes de réflexion ». Stéphane Gérard, le président de la FNCuma qui tiendra congrès à son tour en mai, soulignait aussi : « Il y a une vraie opportunité pour tous ces groupes à créer de l’innovation, à imaginer une autre forme d’innovation collective, avec l’idée de chasser en meute autour de ces projets. Nous pouvons donner un nouvel élan au format collectif avec l’arrivée des nouvelles régions. Sans compter qu’entre Gaec, Geda ou Cuma, ce sont souvent les mêmes personnes qui adhèrent. »

« Sur ces projets, nous pouvons être leaders et aidés par le syndicalisme, les collectivités régionales ou les chambres. Ensuite, dans la réorganisation de chaque région, le modèle ne sera pas unique. Car nous ne sommes pas tous pareils », a ajouté Olivier Tourand. Et le président de la FNGeda, réélu ce vendredi, de conclure : « Quand les acteurs de terrain ont une demande, nous devons avoir les moyens d’y répondre. Et rapidement. ».

Le très attendu festival des groupes qui rassemble des adhérents venus de la France entière aura lieu à Vannes les 19 et 20 janvier 2017. Douze circuits de visites sont proposés par les groupes traitant de la prospective agricole et de la multiperformance des exploitations agricoles.

Marie-Gabrielle Miossec