Groupama a enregistré en 2011 une perte nette de 1,76 milliard d'euros, contre un bénéfice net de 398 millions en 2010, un résultat affecté par des dépréciations massives de 3 milliards et a annoncé jeudi la cession de certaines de ses participations.

Dans le détail, les dépréciations sur les obligations d'Etat grecques atteignent 1,55 milliard, selon un communiqué. Groupama a également passé 1,5 milliard d'euros de moins-values et de dépréciations sur les participations stratégiques en action.

Pour le directeur général, Thierry Martel, l'année 2011 aura été celle de « l'apurement » des moins-values, dans un contexte de marché extrêmement défavorable, qui a mis en difficulté l'assureur mutualiste.

Malgré le poids des éléments exceptionnels, Groupama a pu afficher, à la fin de 2011, une marge de solvabilité de 107 % (niveau de fonds propres rapporté au niveau minimal exigé par le régulateur), grâce au rapprochement entre sa filiale foncière Silic et Icade, filiale de la Caisse des dépôts, ainsi qu'à l'injection de 300 millions dans la filiale Gan Eurocourtage.

« Nous n'avons pas répercuté à nos clients nos difficultés financières. Ce sont les fonds propres qui les ont absorbées », a fait valoir M. Martel, soulignant qu'il « n'y a pas eu de conséquence sociale de cette crise » chez Groupama.

Par ailleurs, « en dépit de ce contexte de crise, nos clients continuent à nous faire confiance et nous avons d'ailleurs gagné des parts de marché », a assuré le dirigeant.

« Même chez Gan Eurocourtage, on a eu une solidarité des courtiers et des clients, parce que la qualité de service est reconnue », selon M. Martel.

Hors éléments exceptionnels, l'activité a été soutenue, avec notamment une hausse de 4,3 % du chiffre d'affaires en assurance dommages et le gain de 110.000 contrats en assurance automobile.

« Le moteur économique a très bien fonctionné. Nous pouvons avoir confiance en l'avenir », a estimé M. Martel.

Après une année 2011 difficile, l'assureur entend passer « d'une stratégie de taille à une stratégie de performance », qui doit permettre au groupe de « renforcer ses marges de manoeuvre financières ».

Groupama vise notamment un ratio combiné (indemnisation des sinistres et frais généraux rapportés aux primes perçues) de 98 % en assurance de biens et de responsabilités, et entend maîtriser les frais généraux « sur tous les postes ».

Autre axe stratégique, l'assureur veut procéder à un « ajustement du périmètre d'activité ». « Nous sommes désormais orientés vers une stratégie qui n'est plus une stratégie d'ouverture du capital et de croissance externe, mais une stratégie de performance métier. On se recentre sur nos valeurs mutualistes », a expliqué le directeur général.

Cet ajustement passe notamment par la cession de Gan Eurocourtage et des activités d'assurance et de courtage au Royaume-Uni, sur lesquelles Groupama n'a pas apporté de nouveaux éléments jeudi.

Groupama compte également réduire « de 30 à 40 % de l'exposition aux actions, par des cessions et une poursuite de la politique de couverture adaptée aux fluctuations du marché », ainsi que renforcer son programme de cessions d'actifs immobiliers.

M. Martel a indiqué que des cessions et la mise en place de couvertures avaient déjà été engagées. « Le fait que le CAC soit remonté à 3.500 points nous offre des opportunités », a-t-il ajouté.

Concernant les grandes participations comme Société Générale (3,92 %) ou Veolia (5,7 %), Groupama « est dans une logique de cession à moyen terme en fonction des conditions de marché », selon M. Martel.

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