« Avec la décision annoncée par le ministre de l’Agriculture de suspendre la production de palmipèdes dans les 8 départements touchés par la grippe aviaire, le ciel est tombé sur la tête des éleveurs », écrit le Modef dans un communiqué du 15 janvier 2016.

« Une telle mesure, au vu de ses conséquences économiques et sociales, paraît démesurée pour tenter d’éradiquer un virus aviaire dont rien ne garantit l’efficacité. Si les sources de contamination sont les oiseaux migrateurs, on risque fort de voir le virus réapparaître à l’automne. »

« Est-ce que le gouvernement et les représentants de la profession ont bien mesuré les conséquences de ces 6 semaines de vide sanitaire total auxquelles il faut ajouter 12 semaines d’élevage et 2 semaines de gavage, soit 20 semaines avant de revoir les premiers foies gras sur le marché ? Concrètement, les élevages de canards prêts à gaver seront vides de la mi-avril à la mi-juin avec les premières ventes au début de septembre. Quant aux salles de gavage, faute de pouvoir s’approvisionner en canards prêts à gaver, elles seront vides de la fin d’avril au début de septembre et les premiers abattages reprendront vers la mi-septembre. »

20 000 emplois touchés

« On peut estimer que 20 000 emplois sont touchés et évaluer la perte de chiffre d’affaires à environ 500 millions d’euros. Durant cette inactivité imposée, les charges fixes des exploitations vont continuer à tomber, les semis de maïs devront être faits avec les frais qui vont avec et les familles devront continuer à devoir faire face au quotidien. »

« Pour le Modef, l’État devra assumer ses décisions et assurer le manque à gagner des éleveurs au même titre qu’il devra financer le chômage technique de l’ensemble des salariés de la filière. Il y va de l’avenir des éleveurs et des salariés concernés dans les 8 départements touchés », conclut le communiqué.