Suite à la découverte de foyers d’Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) dans des élevages de volailles du sud-ouest de la France, depuis le 24 novembre 2015, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a été saisie par le ministère de l’Agriculture, pour expertiser « le niveau de contamination de l’avifaune non migratrice en zone réglementée ».

En effet, selon la saisine, la question du « risque de maintien de l’infection dans l’avifaune commensale se pose régulièrement, notamment vis-à-vis d’espèces (...) comme les aigrettes ou les hérons gardes-bœufs. Toutefois, peu de choses sont connues sur leur statut sanitaire et sur la réalité du risque qu’ils représentent ainsi que sur les modalités pour le réduire ».

Le ministère a donc demandé à l’Anses de conduire une étude préalable, avec l’ONCFS, « en vue de savoir :

1. si les virus influenza en circulation dans les élevages se sont propagés à l’avifaune, en particulier aux espèces régulièrement observées sur les parcours de canards comme les aigrettes.

2. si la présence de ces oiseaux sur les parcours pendant la période de vide sanitaire est susceptible d’être à l’origine d’un maintien de la contamination des parcours et des abords des élevages.

3. si la présence de ces oiseaux à proximité des élevages est susceptible d’être à l’origine d’une contamination au moment du repeuplement des élevages ».

Il ressort des conclusions de l’Anses que :

1. « Les résultats acquis dans le cadre de ces études ne permettent pas, globalement, de répondre rigoureusement à cette question de la propagation des virus IAHP H5 à l’avifaune. »

2. Néanmoins, l’agence estime que « le risque de contamination par l’avifaune sauvage des parcours et des abords des élevages est très faible. »

3. « La circulation virale est probablement très faible dans l’avifaune, laquelle est donc très peu susceptible d’être à l’origine d’une contamination au moment du repeuplement des élevages. » L’Anses précise néanmoins « qu’on ne peut pas exclure que les oiseaux sauvages, ainsi que d’autres animaux et les activités humaines, puissent jouer un rôle de vecteur passif qui permettrait la ré-infection par des virus IAHP H5 pouvant être encore présents aux abords des fosses à lisier dans des foyers récents, ou dans des foyers non encore suffisamment désinfectés. »