Depuis, ils ont organisé plusieurs réunions sur le terrain, la dernière ayant eu lieu à Ladornac, en Dordogne, lundi 20 mars. Une trentaine de personnes – des éleveurs, des gaveurs, des vétérinaires, un responsable de CAT, un artisan conserveur – y ont assisté, selon les organisateurs.

« Quel est l’intérêt de la bande unique ? »

Dans une lettre envoyée au ministre de l’Agriculture, le CPPFG dénonce la lutte contre le H5N8 telle qu’elle est menée par les pouvoirs publics, avec le « gaspillage d’animaux gavés euthanasiés » alors que la viande est consommable par l’homme. Le CPPFG refuse aussi la claustration et la bande unique préconisées par le Cifog et le ministère de l’Agriculture. « La claustration pose d’énormes problèmes en termes sanitaires et de bien-être animal, souligne Julien Fesentieu, éleveur dans les Landes. Quant à préférer une bande unique de 10 000 canards au lieu de quatre bandes successives de 2 500 canards, je ne vois pas l’avantage de cette proposition du Cifog… »

Pour le collectif, « d’autres voies sont possibles ». S’il ne remet pas en cause la nécessité d’une biosécurité renforcée et une profonde réorganisation à mettre en place au niveau des transports, il formule aussi une série de propositions alternatives.

Souches rustiques et vaccination

Parmi les suggestions, la réintroduction de souches de canards plus rustiques issus de génétiques différentes, un approvisionnement local en canetons afin d’obtenir des animaux moins vulnérables aux pathogènes, le retour à des aliments composés à base de produits « nobles » (maïs, blé, soja), ou encore la mise au point rapide d’un vaccin.

Pour les éleveurs et gaveurs du collectif, il faut préserver la filière de qualité et de plein air, image de marque du Sud-Ouest. Or, ils redoutent une restructuration accélérée du maillon élevage-gavage, donc une réduction du nombre d’élevages.

E.C.