La Coordination rurale (CR) « se réjouit de la levée de la zone de restriction » mise en place dans le Sud-Ouest en novembre 2015, dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire. Pour aussitôt nuancer. En effet, le syndicat remarque que « la levée de la zone réglementée ne signifie en rien la fin des problèmes pour les producteurs de palmipèdes », pour qui « les conséquences économiques ne font que commencer ».

Le syndicat rappelle que, mesures de biosécurité obligent, les éleveurs « vont devoir investir massivement pour respecter les nouvelles normes ». Ainsi, « le passage en bande unique coûtera très cher ». La CR demande donc un délai supplémentaire de 3 ans et propose que les 5 ans au total constituent « une période probatoire pour éviter de mettre notre compétitivité en péril, à travers des normes plus structurantes que sécurisantes ».

« À vouloir laver plus blanc que blanc, la filière perd de nombreux marchés »

« À vouloir laver plus blanc que blanc, la filière perd de nombreux marchés au profit d’une production étrangère moins réglementée », reproche le syndicat. « Retrouver un statut indemne pour la France nécessite-t-il vraiment le passage en bande unique ? L’essentiel ne réside-t-il pas simplement dans le respect des bonnes pratiques de nettoyage et de désinfection ? », interroge Sylvie Girard, présidente de la CR de la Nouvelle Aquitaine.

La Coordination rurale prévient également qu’elle sera « attentive au délai et à la façon de solder les indemnisations des pertes de production subies pendant le vide sanitaire ». Elle craint que, faute de crédits suffisants, les Régions ne changent les règles en cours de partie, ce qui est pour elle « inacceptable ».