Faisant suite à une réunion hier au ministère de l’Agriculture, la Coordination rurale affirme ce 24 mars 2016 dans un communiqué de presse, que « l’aide qui sera apportée par l’ensemble pouvoirs publics-collectivités ne suffira pas à indemniser l’ensemble des pertes » à la suite du vide sanitaire mis en place dans le Sud-Ouest à cause de la grippe aviaire.

Le syndicat explique que « les modalités d’indemnisation pour les éleveurs […] seront calculées en fonction du nombre de canards non produits par rapport à l’année de référence 2015 (hors cas particuliers) ». Il regrette que « sa proposition d’une indemnisation au réel n’ait pas été retenue », s’inquiétant notamment de la disponibilité de canetons, oisons, et prêts à gaver après le vide sanitaire.

« L’État renvoie la balle » aux Régions

« L’État va être court et l’Union européenne cherche les poils sur les œufs pour ne pas payer, note Sylvie Girard, la présidente de la CR Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, également présente à la réunion. L’État renvoie la balle aux conseils régionaux qui font des efforts pour ne pas voir disparaître ces productions emblématiques de notre territoire. »

La CR se félicite de la « prise en compte des circuits courts et des signes d’identification de la qualité et de l’origine à travers des forfaits différenciés qui devraient être connus ces prochains jours. Tant que les élevages de palmipèdes n’auront pas retrouvé un fonctionnement « normal », elle ne relâchera pas la pression » auprès du gouvernement, de l’Administration, des banques et des organisations de producteurs.

L’aide de la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

La Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes indique jeudi dans un communiqué que « dès la mi-février, Alain Rousset, président du conseil régional, a annoncé une enveloppe de 15 M€ en faveur de la filière du gras, durement touchée par la crise de l’influenza aviaire : 10 M€ pour les investissements des exploitations et 5 M€ pour l’accompagnement individualisé des entreprises de l’aval ».

« À ce jour, près de 1,2 M€ d’aides a déjà été voté, explique le communiqué :

• 637 500 € ont été accordés à des accouveurs sous forme d’avances de trésorerie. Convaincue de l’enjeu majeur de pérenniser les accouveurs de la filière afin de pouvoir redémarrer la production dans de bonnes conditions, la Région a décidé de soutenir dès à présent ces entreprises, premières impactées par les mesures de dépeuplement engagées depuis le mois de janvier.

• 536 904 € ont été attribués à l’accompagnement à la formation des salariés, pour les entreprises ayant recours à l’activité partielle, avec la prise en charge de 25 % des coûts pédagogiques pour 6 034 salariés et 110 484 heures de formation. Les besoins en formation portent principalement sur la biodiversité, l’hygiène et sanitaire, la production et la maintenance…»