À l’appel de la Confédération paysanne, les agriculteurs ont attiré sous un grand soleil les badauds afin de les sensibiliser à leur situation.

Faisant suite à la multiplication de foyers d’influenza aviaire dans le Sud-Ouest, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un vide sanitaire, de la mi-avril à la mi-mai, suivi par des mesures de biosécurité afin d’empêcher le retour de la maladie.

« Le problème de la grippe aviaire est lié à l’industrialisation de la production, et on en paye les pots cassés », a expliqué à l’AFP Sylvie Colas, éleveuse bio dans le Gers et membre du comité national de la Confédération paysanne. « Les mesures de biosécurité sont inapplicables à notre système », a-t-elle fustigé, sur la grande place de Toulouse, en citant le système de bande unique, qui impose le rassemblement d’animaux de même espèce et de même âge, ainsi que l’interdiction de visite du public sur les exploitations.

Des aides « complètement décalées »

Les exploitations sont plus petites, élèvent des animaux en plein air sur de plus longues périodes, a précisé Mme Colas. La transformation à la ferme impose aussi d’avoir des animaux d’âges différents sur le site. Au-delà, « 4 mois sans production, cela veut dire pas de rentrée d’argent. Pour nous, c’est suicidaire », a-t-elle ajouté, jugeant les aides annoncées par le gouvernement « complètement décalées par rapport à la réalité de la ferme ».

« Depuis le début de la crise, l’élevage en vente directe n’est pas entendu, pas reconnu ». « On veut vivre », a résumé Pierre Dufour, éleveur de canards gras dans le Lot. « Ce qui m’inquiète, c’est la volonté de m’éliminer », s’est aussi indigné Jean-Marie Ranc, qui élève environ 2 000 canards et oies dans le Lot-et-Garonne et juge « aberrantes » les mesures de biosécurité. Le paysan, dont l’exploitation produit et transforme les animaux jusqu’à la conserve, se tenait debout derrière un stand où trônaient des bocaux vides, symbolisant l’arrêt de la production à venir.

AFP