Pour Isabelle Daugreilh, vice-présidente du Modef, les propositions avancées par le ministère sont assez satisfaisantes dans l’ensemble. Elle a néanmoins demandé quelques aménagements supplémentaires. En particulier, plutôt qu’une obligation à avoir la capacité de confinement des animaux en période de risque (en filière longue), elle propose de définir un seuil : au maximum 3 200 animaux dehors par site d’exploitation. Et elle a bon espoir de voir aboutir cette proposition, qui éviterait d’imposer des investissements lourds en bâtiments aux éleveurs.

Elle est également favorable à ce qui figure dans le pacte : un engagement de chaque éleveur à respecter les règles de biosécurité adaptées à son système de production.

« Toujours une porte ouverte »

Pour Sylvie Colas, de la Confédération paysanne, les propositions du ministère sont encourageantes. « Les pouvoirs publics ont proposé des règles strictes pour certains systèmes de production, avec toujours une porte ouverte pour les autres – labels, fermiers… », explique-t-elle.

La veille de la réunion, le syndicat avait publié une lettre ouverte avançant une série de propositions alternatives aux règles envisagées. « Nous avons l’impression d’avoir été entendus, estime Sylvie Colas. Il y aura la possibilité de maintenir les élevages autarciques sans pour autant impliquer pour eux de gros investissements, alors qu’ils ne sont pas responsables du transport d’un nombre élevé d’animaux – qui est mis en cause dans la diffusion du virus H5N8. »

Néanmoins, elle relève les tensions fortes avec les filières de gallinacées. Pour ces dernières, la grippe aviaire a signifié la fermeture des marchés à l’exportation. Et elles tiennent les filières palmipèdes responsables de la diffusion du virus. Elles exigent donc des mesures drastiques, radicales, sur la concentration de canards et le transport. « Il faudrait condamner une filière de qualité pour continuer l’exportation d’une production industrielle, s’insurge Sylvie Colas. On retombe sur la problématique globale : que veut-on faire comme agriculture en France, et comment faire coexister deux systèmes différents, de qualité versus industriel ? »

Elle s’oppose également à la mise en place d’audits annuels systématiques, pour tous les élevages, par des cabinets d’audit extérieurs. De même pour la tenue de la banque de données sur les mises en place et les mouvements de canards par le Cifog « car ce sont les services vétérinaires qui sont garants du sanitaire », et donc légitimes pour tenir cette banque d’informations.

E.C.