À l’image du président du Conseil départemental, Henri Emmanuelli, qui a salué des « avancées notables », Dominique Graciet, le président de la chambre d’agriculture des Landes, a dit à l’AFP son « double soulagement, sur l’espoir de premières indemnisations en mai pour les exploitants et sur la porte qui s’est ouverte pour les entreprises de l’aval (conserveurs, transporteurs…) qui craignaient d’être exsangues au moment de la reprise ».

Sur la partie amont, les annonces confirment des « choses satisfaisantes » concernant les indemnisations. C’est effectivement un « pas en avant » pour la filière de l’aval, a réagi pour la FDSEA des Landes, Christophe Barrailh, également président du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog). Mais « on aurait souhaité que le dispositif ne soit pas réservé aux PME et que les grandes entreprises du secteur comme Labeyrie ou Delpeyrat puissent en bénéficier », a-t-il ajouté.

« Un peu de souffle aux producteurs »

Au Modef des Landes, Christophe Mesplède a estimé que « si l’État tenait ses engagements sur les délais, ça donnerait un peu de souffle aux producteurs ». Mais il s’est cependant montré prudent, souhaitant que les avances soient calculées sur le nombre d’animaux non produits par rapport aux deux dernières années et non sur la seule année 2015 où la production avait été plus faible, sinon « on sera lésés », a-t-il dit.

« Il vaut mieux des perspectives sonnantes et trébuchantes comme ça, car ce qui nous attend en matière de guide de bonnes pratiques sanitaires ça fait penser à un Seveso-2 pour les exploitations agricoles, ce ne sera pas possible dans les fermes », a critiqué le responsable syndical, qui s’interroge aussi sur le nombre de canetons qui seront effectivement livrés en mai alors qu’un accouveur landais a récemment dû abattre son cheptel de reproducteurs.

Les mesures pour l’aval bien accueillies

« Comme on ne s’attendait à rien, c’est une avancée », a pour sa part jugé Laurent Hagneré, directeur général de la Maison Barthouil, à Peyrehorade, qui a déjà essuyé « 700 000 euros de pertes ». Il craint également que nombre de petits éleveurs gaveurs traditionnels avec qui il travaille soient « découragés par les mesures de biosécurité et arrêtent tout ».

À la société La Plume de Pomarez, qui devrait perdre 30 % de son chiffre d’affaires, Bertrand Trémont, le directeur, voit dans ces mesures pour l’aval « un bon point si c’est réalisé assez vite ». Mais « il y a tellement de gens concernés » que « tout le monde ne sera pas rétribué à sa juste mesure », estime celui qui va devoir fermer sa société de plumes de canards pour quatre mois, tout en stockant sa dernière production faute de pouvoir l’exporter vers l’Asie.

La Coordination rurale a « pris acte d’un premier versement de 50 % à la fin de mai directement versé aux producteurs », mais a dit craindre « un retard lié à la pénurie de canetons ». Selon la présidente du syndicat en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Sylvie Girard, « l’État doit s’engager à couvrir cette période d’inactivité redoutée par les éleveurs ».

AFP