Dans un communiqué de presse diffusé ce 11 février 2016, la Confédération paysanne appelle à manifester le dimanche 21 février 2016 à Toulouse. Le syndicat a en ligne de mire les deux arrêtés publiés mercredi par le ministère de l’Agriculture pour faire face à l’épisode de grippe aviaire qui sévit dans le Sud-Ouest. De son côté, le Modef reste prudent sur la mise en œuvre de la conduite en bande unique, et souhaite maintenant se concentrer sur l‘indemnisation des producteurs.

La Confédération paysanne rappelle avoir « exprimé son désaccord » sur les mesures de biosécurité annoncées mercredi par le gouvernement. Elle les estime « inapplicables aux petits élevages, de plein air, ou « en cycle complet ». Au lieu de se concentrer sur les demandes des marchés, il est indispensable de proposer une politique sanitaire sur le fond […]. Il faut aussi répondre à l’urgence sociale […] en prévoyant des indemnisations à hauteur. »

« Permettre à toutes les exploitations de franchir le cap »

Les indemnisations des éleveurs, c’est aussi le point sur lequel le Modef entend rester attentif dans les semaines qui viennent. « Le montant des aides devra être suffisant. Les aides devront permettre à toutes les exploitations de franchir le cap du plan d’assainissement qui leur est imposé, prévient le syndicat. Les aides devront compenser de manière satisfaisante le manque à gagner et non obliger les éleveurs à investir encore. »

Le Modef considère que « l’arrêté relatif aux mesures de biosécurité a intégré des modes de production, des pratiques de bon sens développées dans les petites et moyennes exploitations. Par exemple, les éleveurs gaveurs pourront continuer à fonctionner en multibandes dans des conditions qui seront précisées dans une circulaire ministérielle. Toutefois, la bande unique par unité de production est posée comme étant la règle, le seul moyen d’assainir durablement les élevages. »

Mais le syndicat estime que la mise en place de la bande unique rimera avec une « plus grande concentration de la production, ce qui n’est pas favorable à une meilleure maîtrise sanitaire des élevages. Il est temps de remettre en cause le mode de développement qui consiste à produire toujours plus pour amoindrir les effets de l’érosion des marges. […] Sur le plan technique, la prochaine étape sera donc de promouvoir la pertinence des élevages en plein air, des systèmes économes et autonomes, y compris sur le plan sanitaire. »

E.R.