Outre les problèmes immédiats de trésorerie, notamment pour ceux qui n’ont pas pu mettre en place leurs bandes de gavage dès décembre, ces éleveurs attendent des mesures qui limiteront les transports des canards prêts à gaver.

En effet, dans ce nouvel épisode de grippe aviaire, les camions sont accusés d’avoir propagé le virus : « Nous demandons à la profession de remettre en question l’organisation de la filière, explique Christophe Mesplède, le président du Modef des Landes. La bande unique n’est certainement pas le système le plus pertinent sur le plan sanitaire ».

« Le système naisseur-éleveur-gaveur réapparaît comme étant le plus cohérent »

De leurs réunions entre éleveurs, des propositions émergent. Elles seront présentées mercredi prochain à Paris auprès des représentants gouvernementaux mais aussi dès cette fin de matinée au chef de cabinet de François Hollande en déplacement à Mont-de-Marsan. Par exemple, pour les systèmes de production industriels sous IGP, les éleveurs du Modef suggèrent d’abaisser les densités de canards élevés pendant la période hivernale, mais de l’assortir d’un prix du canard payé à l’agriculteur plus élevé pour compenser. Ils demandent le confinement pur et simple des canards non labellisés et « hyperindustriels ». Ils réclament la fin des transports des canetons démarrés de trois semaines et souhaitent que les distances de transport des animaux entre éleveurs et gaveurs soient limitées, par exemple autour de 80 km.

« Le système naisseur-éleveur-gaveur réapparaît comme étant le plus cohérent d’un point de vue sanitaire, souligne Christophe Mesplède. D’ailleurs, c’est une satisfaction de voir que cela a été pris en compte pour cette nouvelle mesure d’abattage. » En effet, les éleveurs qui assurent l’intégralité du cycle de production, de l’entrée des canetons jusqu’à la transformation des produits échappent cette fois au pire.

Hélène Quenin