L’ensemble du territoire est désormais en risque « élevé », après la découverte de foyers dans des élevages du Sud-Ouest et de cas dans la faune sauvage dans le Pas-de-Calais et en Haute-Savoie, a annoncé le ministère de l’Agriculture. « Tant que les flux migratoires ne sont pas terminés, on peut avoir des oiseaux migrateurs qui se posent et meurent dans les zones humides ou en dehors », risquant de disséminer la maladie, a expliqué Loïc Evain, directeur général adjoint de l’Alimentation au ministère de l’Agriculture. L’élévation du niveau de risque est liée au fait que la volaille a été contaminée, y compris hors des zones humides, a-t-il ajouté.

Deux fronts en parallèle

Pour M. Evain, « il y a deux fronts en parallèle : il faut protéger les élevages d’une contamination par la faune sauvage, et une fois que la contamination est avérée sur la volaille, il faut absolument éviter qu’elle ne se propage de volaille à volaille. C’est pour cela qu’on a pris des mesures très fortes ce weekend pour cantonner la diffusion ».

Les éleveurs de volailles connaissent et appliquent généralement les mesures sanitaires d’urgence. La difficulté est de réussir à informer les autres personnes concernées. Les préfets « ont fait passer des messages aux propriétaires de basse-cour par l’intermédiaire des maires », a expliqué M. Evain.

« Rôle de sentinelle »

Concernant la chasse, les lâchers de gibiers d’eau à plume sont interdits sur tout le territoire national. L’utilisation des appelants, ces oiseaux qui servent d’appât pour attirer leurs congénères sauvages, sera autorisée « sous certaines conditions ». Les chasseurs « ont un rôle de sentinelle », a expliqué Eva Faure, vétérinaire de la Fédération nationale de la chasse (FNC). Avec la hausse du niveau de risque en zones humides en novembre, « il y a une implication plus forte des chasseurs dans la surveillance et on a eu une augmentation d’oiseaux morts qui ont été signalés et ramenés pour autopsie », a-t-elle indiqué.

Des industriels « irresponsables »

Dans ce contexte, la Confédération paysanne proteste contre des industriels « irresponsables ». « Alors que les professionnels se mobilisent pour protéger leur élevage et éviter la propagation du virus, les industriels se comportent en irresponsables et méprisent les éleveurs, déclare le syndicat dans un communiqué, le 7 décembre 2016. Vivadour vient d’en faire la démonstration en livrant aux quatre coins du Sud-Ouest des canards prêts à gaver issus d’un élevage potentiellement dangereux. Cette « coopérative », qui ne respecte pas ses éleveurs, met aussi en danger tout le secteur en ne pensant qu’à ses bénéfices à court terme. »

« Les éleveurs sont prêts à se mobiliser pour stopper la propagation du virus, à la condition que les mesures soient en adéquation avec les risques réels et les modes d’élevage, poursuit la Conf’. Les pouvoirs publics doivent aussi cibler clairement les pratiques dangereuses (transport d’animaux vivants et concentration) et remettre en cause l’hypersegmentation des productions, véritable catalyseur de ces crises sanitaires à répétition. »

E.C. avec l’AFP