La polémique sur l’abattage de canards reproducteurs d’un élevage relance la question de la gestion du risque « influenza ». Dans cet élevage, les animaux ont été détectés séropositifs mais vironégatifs vis-à-vis du H5N8. Ils possèdent donc des anticorps mais le virus n’a pas été détecté sur eux.

Guéris et vaccinés naturellement ? Pas si simple, les mécanismes de contamination et de mutation/recombinaison des virus aviaires n’étant pas tous connus. De plus, le virus est sans doute encore présent dans l’environnement, voire « chez quelques canards à un stade immunitaire différent des animaux analysés » qui pourraient se recontaminer ou excréter le virus « de façon transitoire ou à bas bruit », expliquent les services sanitaires de l’État. Ce dernier préfère opter pour une sécurisation maximale, qui passe par l’abattage.

L’Anses est moins tranchée. Dans un avis du 7 mars 2016 portant sur le virus H5N1 (1), elle estime généralement l’abattage « souhaitable », mais laisse la porte ouverte à un maintien des volailles reproductrices moyennant un « contrôle renforcé » de l’élevage jusqu’à « sécurisation complète ».

Elsa Casalegno

(1) Ce virus était moins pathogène et moins contagieux pour les canards que le H5N8 en cause cette année. Pour les autorités sanitaires, les risques sont plus importants, et il est donc indispensable de prendre davantage de précautions.