C’est dit. Le gouvernement a été aux côtés des filières avicoles, dans les deux épizooties qui ont touché le pays, l’an dernier et cette année. « S’il y a un versement du solde des aides accordées aux producteurs, c’est que l’État avait fait des avances à hauteur de 70 %, a insisté un ministre de l’Agriculture passablement agacé, en préambule à la conférence. Il faut arrêter de dire qu’il y a du retard : les aides européennes n’arrivent qu’un an après », des délais réglementaires incompressibles.

L’an dernier, les aides publiques se sont élevées à 185 millions d’euros pour l’ensemble de la filière. Cette année, cette somme sera sans doute dépassée.

Rappelant la pathogénicité et l’agressivité du H5N8, il a expliqué que l’abattage, préconisé par l’Anses, est une stratégie qui fonctionne. La situation est stabilisée dans la plupart des communes, et le nombre de nouveaux foyers est « en net recul », laissant espérer une stabilisation totale au début d’avril. « Je reste prudent, mais tout laisse à penser que nous arrivons au bout de cette épizootie », a estimé Stéphane Le Foll.

Les remises en place de gallinacées sont d’ores et déjà possibles dans les zones stabilisées (536 communes). Pour les palmipèdes, elle interviendra rapidement après la levée des zones de surveillance pour les départements les moins touchés. Pour les départements encore non stabilisés, l’objectif est plutôt à la fin de mai.

Améliorer un certain nombre de pratiques

Mais « on ne peut pas faire comme si la menace de l’influenza aviaire pouvait ne pas revenir », a enchaîné le ministre. Le virus qui sévit aujourd’hui en Asie n’est pas pour rassurer les scientifiques. Il faut donc améliorer la biosécurité de l’ensemble de la profession alors que la densité de canards a été multipliée par trois depuis 2006 (date de la première épizootie aviaire sérieuse). Pour cela, il est nécessaire de « travailler sur un certain nombre de points très importants » :

  • Le déclenchement rapide de l’alerte après détection du virus sur le terrain, et une plus grande réactivité dans la mise en place des mesures de lutte.
  • Les règles de biosécurité lors des transports, où il y a « de très gros progrès à faire ». De plus, la filière devrait réfléchir à une réorganisation des répartitions de canards, comme l’a fait la filière laitière avec ses accords de collecte, afin de limiter les déplacements de palmipèdes.
  • Quatre mesures spécifiques seront à appliquer en périodes de risque élevé : confinement, baisse de densité, bande unique et traitement des lisiers. Des dérogations sont prévues pour tenir compte des contraintes des différents systèmes d’élevage. Ainsi, le confinement « ne peut pas être la seule règle : il y a des propositions comme la couverture des abreuvoirs et des mangeoires, ou des filets… ». De même, la bande unique sera adaptée pour les élevages dits autarciques. Néanmoins, ce principe de la bande unique semble assez incontournable aux yeux du ministre et des scientifiques, puisque « les entrées et les sorties, ainsi que les vides sanitaires, sont maîtrisés ».

Un « pacte » des règles de production

Stéphane Le Foll propose à la filière de travailler sur un « pacte » des règles de production, avec la filière des palmipèdes, mais aussi avec les filières de gallinacées impactées. La concertation est lancée dès cette semaine avec tous les acteurs, et rendez-vous est donné aux professionnels le 13 avril, pour le signer.

(1) Téléchargez le document relatif aux indemnisations accordées aux filières avicoles touchées par l’influenza aviaire.

E.C.