Pour endiguer l’épizootie qui touche huit départements du Sud-Ouest, les élevages d’oies et de canards de la zone vont devoir geler leur production pendant plusieurs mois – une première en France – pour permettre l’éradication du virus par ce « vide sanitaire », selon un plan annoncé jeudi par le ministère de l’Agriculture.

« J’ai arbitré moi-même le choix du vide sanitaire plutôt que l’abattage généralisé des canards. Ça doit se mettre en place ! Il y va du traitement de cette maladie mais surtout de la capacité de l’ensemble de la filière de pouvoir repartir sur des bases saines, c’est-à-dire sans virus », a déclaré sur France 3 Aquitaine M. Le Foll, en marge d’un déplacement officiel à Bordeaux.

« Les scientifiques sont très clairs : ce qu’on a connu comme virus aujourd’hui, ce sont des recombinaisons de virus qui devaient être présents sur le territoire, on ne peut pas laisser continuer », a expliqué le ministre. Ce virus « fait peser sur l’ensemble de la filière des risques extrêmement importants », non seulement sur les exportations mais aussi, « un jour ou l’autre, sur le marché national », a-t-il affirmé.

Un coût de 250 à 300 millions d’euros

Pas moins de 69 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène, mais non transmissible à l’homme, ont été découverts depuis la fin de novembre dans le Sud-Ouest, pour la première fois depuis 2007. Une quinzaine de pays ont depuis lors décrété des embargos, plus ou moins larges, sur les produits avicoles français, dont le Japon, premier importateur mondial de foie gras.

« Toutes ces mesures sont difficiles, je l’ai parfaitement compris. [...] Il y aura l’accompagnement de l’État », a promis Stéphane Le Foll. Mais « la France doit être en mesure, avec les professionnels, de traiter ce dossier de manière coordonnée et en soutenant tous les éleveurs et tous les maillons de la filière qui seront directement concernés ». « Ne pas prendre de mesure serait faire courir un risque encore plus grand à l’ensemble de la filière », a lancé le ministre de l’Agriculture.

Selon le Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras), l’impact économique du plan d’éradication de la grippe aviaire est estimé entre 250 et 300 millions d’euros.

AFP