Quatre éleveurs, trois membres de la famille Lataillade et Jean-Michel Berho, ainsi que Panpi Sainte-Marie, secrétaire général du syndicat ELB (Euskal Herriko Laborarien Batasuna), le pendant de la Confédération paysanne au Pays basque, sont poursuivis pour avoir refusé de se plier aux injonctions des autorités sanitaires, selon Samuel Vuelta-Simon.

Deux ans après

En juin 2017, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques avait imposé aux Lataillade, éleveurs à Bidache, d’abattre une partie de leurs canes et interdit la commercialisation de leurs canetons. Ils avaient alors imaginé l’opération « Adopte un caneton », en accord avec le syndicat ELB, et continué à vendre ces canetons de race locale à des éleveurs solidaires.

« Au lieu de tuer bêtement des canards sains qui avaient développé d’eux-mêmes des anticorps, on avait organisé une adoption », explique Panpi Sainte-Marie, qualifiant les poursuites judiciaires d’« acharnement ». Des rassemblements citoyens à l’initiative d’ELB avaient empêché les services vétérinaires, venus pour les opérations d’abattage, d’accéder à une des exploitations.

Rassemblements citoyens

Des rassemblements du même type avaient eu lieu devant deux fermes des Pyrénées-Atlantiques, notamment à Barcus chez Cathy Chabalgoity. Cette éleveuse a été relaxée par le tribunal correctionnel de Pau, qui a en revanche condamné ELB à 5 000 € d’amende pour entrave aux agents de la Direction départementale de la protection des populations.

Dans le cadre de l’épidémie de grippe aviaire dans le Sud-Ouest au printemps 2017, les trois élevages de palmipèdes étaient concernés par un « vide sanitaire obligatoire » imposé par les autorités. Après les blocages, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques avait saisi le parquet pour « entrave à une disposition réglementaire ».

AFP