La production de foie gras en France devrait baisser d’au moins un tiers en 2016 dans la zone du Sud-Ouest concernée par le gel de production destiné à lutter contre l’épidémie de grippe aviaire, ont indiqué mercredi des professionnels de la filière.

« Dans le scénario le plus optimiste de vide sanitaire [...], c’est un tiers de la production de cette région qui ne sera pas produite », a déclaré à l’AFP Christophe Barrailh, président de l’interprofession, tandis qu’un des principaux producteurs estime que la baisse pourrait atteindre 50 %.

Si les pouvoirs publics décident de mettre en place un vide sanitaire de quatre semaines, « la perte de production sera de 9,5 millions de canards dans les 18 départements concernés », qui en comptent au total 28,5 millions, a détaillé M. Barrailh, président du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) et administrateur de la coopérative Euralis. Ces 18 départements représentent 80 % de la production de foie gras en France, où l’on recense au total 36 millions de canards, selon le Cifog.

Pas de pénurie à Pâques

« Les premières estimations font état d’un trou de production de 30 à 50 % suivant les zones », a indiqué de son côté Dominique Duprat, directeur général adjoint de Delpeyrat, l’un des principaux producteurs de foie gras (13 % du marché).

Interrogé sur une possible flambée des prix, M. Duprat a estimé qu’il y aurait « bien sûr » une forte hausse, car il y aura « moins de matière première disponible et des coûts de production en hausse ». Le dirigeant a reconnu « ne pas savoir » s’il y aurait assez de foie gras pour les fêtes de fin d’année, même si les stocks existants permettront de satisfaire la demande à Pâques.

Pour endiguer l’épizootie qui touche huit départements du Sud-Ouest, les élevages d’oies et de canards de 18 départements de la zone vont devoir geler leur production pendant plusieurs mois – une première en France – pour permettre l’éradication du virus par ce « vide sanitaire ».

69 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène mais non transmissible à l’homme ont été découverts depuis la fin de novembre dans le Sud-Ouest, pour la première fois depuis 2007.

AFP