Le vide sanitaire obligatoire, mis en place dans les 18 départements du sud-ouest de la France classés en zone de restriction à cause de l’Influenza aviaire, se soldera par une perte de production d’au moins 9 millions de canards. C’est le chiffre qu’a livré ce 5 février 2016 le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) lors d’une conférence de presse à Paris. Cela représente un quart de la production française.

L’interprofession estime la perte économique engendrée par cet arrêt d’activité à 270 millions d’euros (M€) : 130 M€ chez les éleveurs et les accouveurs, et 140 M€ dans l’aval de la filière. « Les derniers abattages auront lieu le 2 mai, décrit Marie-Pierre Pé, la déléguée générale du Cifog. Les abattoirs resteront fermés 15 semaines. Le peuplement des élevages avec des animaux de 1 jour pourra recommencer le 16 mai 2016, voire le 9 mai dans des conditions contrôlées. »

15 semaines sans abattage

Mais avant de remettre en place des canetons ou des oisons de 1 jour, les éleveurs devront répondre aux exigences du texte en préparation sur les conditions de biosécurité à mettre en place. Selon le Cifog, ce texte devrait être publié mardi 9 février. Il s’appliquera à tout le territoire. « Cela représente un investissement de 220 M€, poursuit Marie-Pierre Pé. Et probablement une capacité de production réduite car tous les élevages ne seront pas à niveau tout de suite. »

Bref, la filière fait tout ce qu’elle peut pour être au rendez-vous des consommateurs en fin d’année. « Nous sommes déterminés face au combat qui nous attend, assure Christophe Barrailh, le président du Cifog. Déterminés à conduire ce vide sanitaire pour éradiquer le virus, déterminés à remettre en route le plus vite possible », conclut-il, en espérant que les 130 M€ promis par le ministre pour les éleveurs et les accouveurs arriveront vite sur les comptes d’exploitation.

Éric Roussel