« H5N1 et H5N8 sont deux vagues très différentes. La première a été détectée beaucoup trop tardivement mais a permis de mettre en place des premières règles de biosécurité. La seconde a été bien détectée mais, comme elle était extrêmement virulente, nous n’avons pas réussi à empêcher sa diffusion », a reconnu Nicolas Eterradossi, de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation).

Plutôt alarmiste

Il se montre d’ailleurs plutôt alarmiste : « Ces virus sont encore présents et on constate quelques résurgences. De plus, pour l’année à venir on ne peut exclure le risque H7N9, actuellement présent en Chine et transmissible à l’homme… » Un sentiment que relaie Patrick Dehaumont, directeur général de la DGAL (direction générale de l’alimentation) : « C’est une grande préoccupation. C’est pourquoi il faut assainir pour éviter tout risque d’installation de virus et détecter toute résurgence pour pouvoir intervenir très rapidement. »

D’ailleurs, Patrick Dehaumont annonce que la DGAL est en train de mettre en place son outil d’identification (type BDAvicole) et de cartographie pour cet automne, ainsi qu’un système qui informera les éleveurs sur un rayon de x kilomètres autour d’un foyer. Les capacités d’intervenir sur site (abattage) seront multipliées. « Il faudra être capable de geler une zone, dont le rayon pour l’instant m’est inconnu, mais sans doute plus qu’un kilomètre, et de la vider. » Il promet aussi pour septembre la sortie d’un arrêté spécifique sur les transports, « et nous serons inflexibles en cas de non-respect des consignes », précise-t-il.

Manifestants de la Confédération paysanne et du Modef

Christophe Barrailh, président du Cifog, a parlé d’un avenir pour la filière « qui ne pourra se faire que collectivement ». Mais au dehors de la salle, des membres de la Confédération paysanne et du Modef manifestaient leur inquiétude sur le devenir de l’élevage de plein air et de la production fermière et traditionnelle. « Nous défendrons le maintien de l’élevage de plein air coûte que coûte, a bien rappelé Christophe Barrailh. Mais, malgré l’investissement, il faudra construire des bâtiments pour mettre à l’abri les animaux si c’est nécessaire. » Et il a proposé aux deux syndicats d’intégrer formellement l’interprofession.

© Des membres de la Confédération paysanne et du Modef ont manifesté leur inquiétude sur le devenir de l’élevage de plein air et de la production fermière et traditionnelle. © H. Quenin

Une deuxième avance sera faite

« Ne doutez pas des engagements de l’État et des moyens très importants mobilisés pour traverser cette crise, a ajouté Hervé Durand, directeur général de la DGPE et porte-parole du ministre de l’Agriculture. En ce qui concerne l’amont, les avances pour H5N8 ont débuté, une deuxième avance sera faite. Le solde pour H5N1 sera versé à la mi-juillet. Des dispositions inédites pour l’aval de la filière ont été créées pour l’épisode 2016 et il y aura une suite. Quant à la période de référence du 29 mai, nous allons en rediscuter avec la communauté européenne. »

Hélène Quenin