« Cette crise sanitaire va permettre aux gros opérateurs de restructurer la filière en éliminant tous les petits élevages », accusent les deux syndicats dans un communiqué. Pour le Modef, « les producteurs n’ont pas été défendus et vont payer lourdement l’addition ».

« Une telle politique, affectée seulement aux filières d’exportation, constitue une nouvelle attaque contre l’élevage paysan. Si la mobilisation pour gérer cette grippe aviaire est indispensable, elle doit s’accompagner de mesures proportionnées pour les élevages fermiers. Ceux-ci génèrent en effet moins de mouvements, donc moins de risques », estime pour sa part la Confédération paysanne.

Statut sanitaire particulier pour la vente directe

Les manifestants ont brièvement bloqué l’entrée de la Maison de l’agriculture de Mont-de-Marsan avec un panneau « vide sanitaire obligatoire ». Une délégation a ensuite été reçue à la préfecture et au conseil départemental. Les syndicats demandent notamment aux pouvoirs publics l’assouplissement à quatre semaines du plan de vide sanitaire, un statut sanitaire particulier concernant les producteurs en vente directe et un accompagnement financier prenant en compte les spécificités des producteurs fermiers.

Pour endiguer l’épizootie qui touche huit départements du Sud-Ouest, les élevages d’oies et de canards de 18 départements de la zone vont devoir geler leur production pendant plusieurs mois – une première en France – pour permettre l’éradication du virus par ce « vide sanitaire ».

69 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène mais non transmissibles à l’homme ont été découverts depuis la fin de novembre dans le Sud-Ouest, pour la première fois depuis 2007.

AFP