Annoncé officiellement en raison du climat social tendu dans le pays, le report des ordonnances attachées à la loi « Agriculture et alimentation » ne met pas que le feu aux poudres paysannes : il attise en prime la concurrence entre distributeurs.
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Annoncé officiellement en raison du climat social tendu dans le pays, le report des ordonnances attachées à la loi « Agriculture et alimentation » ne met pas que le feu aux poudres paysannes : il attise en prime la concurrence entre distributeurs.

« Afin d’arrêter toute polémique inutile, les centres E. Leclerc confirment qu’ils appliqueront tous les engagements des États-généraux de l’alimentation visant à construire des contrats plus favorables au revenu des agriculteurs français, au respect des coûts de production et à une meilleure valorisation des produits agricoles », fait savoir l’enseigne, dans un communiqué du 6 décembre 2018.

Une réponse aux attaques de la FNSEA contre le distributeur, qui n’a jamais caché son hostilité au relèvement du seuil de revente à perte (SRP), prévu par la loi portant sur l’alimentation, inefficace selon lui pour améliorer le sort des producteurs, et dangereux pour le portefeuille du consommateur.

Gare au pouvoir d’achat

Le report d’application des ordonnances sur le SRP et l’encadrement des promotions réjouit d’ailleurs le distributeur : « Dans le contexte actuel de revendications sur le pouvoir d’achat, on peut comprendre que toute mesure d’augmentation des prix soit remise en cause. Le gouvernement semble avoir entendu les réticences d’E. Leclerc, d’Intermarché, de Lidl, de toutes les associations de consommateurs, mais aussi de syndicats et producteurs agricoles eux-mêmes (Coordination rurale, Association des producteurs de pommes et de poires, éleveurs de volailles et de porcs…). »

Et d’ajouter que « ces hésitations ne remettent nullement en cause les dispositions essentielles de la loi sur l’alimentation, et notamment celles qui obligent distributeurs et industriels à tenir compte des coûts de production des agriculteurs pour fixer les tarifs des négociations commerciales annuelles. […] E. Leclerc a déjà annoncé à ses fournisseurs industriels qu’il agirait avec discernement notamment vis-à-vis des PME pour lesquelles les hausses de tarifs seront acceptées quand elles seront justifiées par l’incorporation de produits agricoles français. »

Contre-pied

Contre-pied total chez son concurrent U, pour qui « la signature des ordonnances constitue l’aboutissement des États-généraux de l’alimentation ».

« Les dispositions des ordonnances doivent être mises en œuvre dès le 1er janvier 2019 comme prévu afin de se traduire dans le cadre des négociations commerciales actuelles et favoriser ainsi les prix responsables, pour les producteurs comme les consommateurs », interpelle Dominique Schelcher, président de l’enseigne.

Il rejoint en cela le syndicalisme majoritaire, qui manifestera la semaine prochaine pour porter la même revendication.

Alain Cardinaux