Les opérateurs souhaitent augmenter leurs capacités de stockage, mais les projets subissent des freins d'ordre administratif et foncier, selon les premiers résultats de l'enquête menée par Coop de France auprès de ses adhérents, publiés mardi.

Les 92 coopératives ayant répondu à l'enquête, et représentant 50 % de la collecte nationale, rapportent près de 1,1 million de tonnes (Mt) de capacité de stockage en cours de fermeture d'ici à deux ans, soit 3,5 % du parc actuel.

En revanche, des projets existent pour 2,3 Mt de capacité de stockage. En extrapolant à l'ensemble de la collecte, cela pourrait vouloir dire que les projets atteignent 4,6 Mt pour la France entière, soit quasi les objectifs du « plan silo » réclamé par la filière (5Mt).

« La profession est prête à s'engager dans un plan « silo » ambitieux, mais cette démarche est conditionnée à la levée de freins d'ordre administratif et financier, nécessitant une forte mobilisation des pouvoirs publics », souligne Coop de France métiers du grain.

Les constructions de silos sont gourmandes en foncier, en raison des périmètres de sécurité exigés autour des installations, qui compliquent et renchérissent les possibilités de construction en zone industrielle. « Mais cette “emprise” de sécurité peut très bien être cultivée. C'est pourquoi nous réclamons la modification d'un décret, afin de pouvoir installer les silos en zone agricole », met en avant Vincent Magdelaine, directeur de la section des métiers du grain.

« Pour résoudre le problème de volatilité excessive des marchés, on n'y arrivera surtout en produisant plus, mais aussi en encadrant mieux les marchés financiers agricoles et en créant des stocks en cas d'accidents », a-t-il ajouté.

« En dix ans, nous avons perdu 3 Mt de capacité de stockage en France, alors que la collecte a gagné 6 Mt. La création de capacité de stockage supplémentaire doit permettre d'éviter les problèmes de dégagement en cas de grosse récolte et, en cas de petite récolte, le but est d'avoir de la marchandise pour répondre à la demande », explique le directeur de Coop de France métiers du grain.

« Depuis 2005, on a retrouvé des variations très importantes de prix des grains, équivalentes à la situation avant la création du Marché commun européen en 1957, retrace Vincent Magdelaine. C'est lié à la libéralisation du marché, mais aussi à des stocks qui s'amenuisent avec un ratio par rapport à la consommation qui se dégrade régulièrement et qui passe désormais en dessous des 20 %. Si on n'a pas de stocks, au moindre accident climatique, ça flambe ! »

A. Du.