« La campagne va être marquée par des prix exceptionnellement élevés », pronostique FranceAgriMer dans une nouvelle analyse du marché mondial des grains. Au point qu'une décapitalisation des cheptels pourrait s'ensuivre.

« La sécheresse historique qui sévit sur tout le territoire des Etats-Unis enflamme le marché mondial du maïs et du soja. Les cours du blé évoluent en sympathie avec ceux du maïs », observe FranceAgriMer dans une étude des marchés des grains publiée mardi.

« Les pertes de récolte annoncées par l'USDA dans son rapport du 10 août 2012 confirment que nous sommes face à une crise grave. La production de maïs US serait inférieure de 100 Mt aux prévisions formulées en juin par l'USDA. La production de maïs est projetée à 274 Mt, soit 40 Mt de moins qu'en 2011 (-15 %). Elle serait la plus faible depuis 2006-07, alors qu'à l'époque les utilisations de maïs pour l'éthanol n'étaient que de 54 Mt contre 114 Mt projetées pour 2012-13. »

« Cette situation est d'autant plus préoccupante que des sécheresses sévères sont également constatées dans l'est de l'UE et surtout dans le bassin de la mer Noire. Enfin, en Asie, la mousson indienne est inférieure de quelque 15 % à la normale, tandis que des pluies diluviennes s'abattent sur l'archipel des Philippines et en particulier sur la principale zone de production de riz du pays. »

« Dans l'hémisphère Nord, le blé et l'orge sont toujours en cours de récolte, tandis que le maïs et le soja sont encore sur pied. Dans ces conditions, les prévisions de récoltes peuvent encore être revues. Aux Etats-Unis, les rendements des maïs et des sojas seront révisés au début de septembre par l'USDA. De même, dans ce rapport, l'étendue des surfaces récoltées fera sûrement l'objet de nouvelles prévisions. En Russie, la récolte des céréales à paille est en cours dans l'Oural, le bassin de la Volga et en Sibérie (Altaï). En Inde, la faiblesse de la mousson peut avoir des conséquences, selon les régions, sur les surfaces affectées au blé en vue de la récolte de 2013. »

« Nous sommes donc encore dans une période d'incertitude. Mais une chose est quasi certaine : pour la troisième fois en cinq ans, la campagne va être marquée par des prix exceptionnellement élevés. Les achats égyptiens de blé réalisés les 13 et 14 août, les premiers de la campagne, se sont réalisés à des prix proches des 350 $/t, soit 100 $ de plus que lors du dernier achat de la campagne 2011-12 effectué en avril 2012. »

« L'ajustement des bilans mondiaux se fera par l'intermédiaire d'un rationnement de la demande. Il pourrait en résulter, particulièrement au Proche- et au Moyen-Orient, de nouvelles tensions alimentaires comme en 2007-08. Dans les pays développés, on peut craindre que, face à cette nouvelle hausse du cours des céréales et du soja, les élevages ne soient contraints d'abattre du cheptel faute de pouvoir trouver des débouchés permettant de couvrir les coûts de production. »

« D'un strict point de vue français, l'abondante production de céréales à paille et la probable bonne, voire excellente, récolte de maïs devraient rencontrer une importante demande, tant sur le marché domestique que sur ceux de l'UE et des pays tiers. »