La question de la dangerosité du glyphosate a été soulevée lors d’un débat sur RTL le 22 novembre entre François Veillerette, président de Générations futures, et Luc Multigner, expert à l’Inserm.

Ce dernier a rappelé que le classement du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), qui a classé en 2015 le glyphosate comme « cancérogène probable pour l’homme », était basé sur le danger et non sur le risque.

« Le glyphosate est une molécule qui, sur le plan toxicologique, montre un potentiel cancérogène chez l’animal, là il n’y a pas de doute. Mais ce qui compte, c’est le risque pour les populations en fonction de l’intensité de l’exposition », a-t-il expliqué.

La robustesse de la dernière étude américaine

Luc Multigner a notamment cité la robustesse de la dernière étude américaine, publiée le 9 novembre dans la revue scientifique Journal of the National Cancer Institute, établissant qu’il n’y a aucun lien entre le glyphosate et les cancers. « Dans l’état actuel des connaissances – et cette étude américaine c’est quand même l’artillerie lourde qui écrase toutes les études anciennes qui sont essentiellement rétrospectives – sur la base de travaux effectivement publiés, scientifiquement évalués par des pairs, il n’y a pas d’évidence d’association entre l’exposition professionnelle au glyphosate et la survenue de cancer », a-t-il déclaré.

« Cette nouvelle étude ne change pas la donne pour le Circ, qui a d’ailleurs communiqué en disant qu’ils maintenaient leur classification parce qu’il n’y avait pas d’éléments nouveaux », a estimé François Veillerette. Il rappelle que le Circ avait déjà pris en compte les résultats de l’étude épidémiologique précédemment faite aux États-Unis, qui apportait les mêmes conclusions.

« La réglementation européenne prévoit que l’on peut exclure des substances cancérogènes certaines ou probables sur leur dangerosité et non pas sur l’évaluation du risque ! », a-t-il complété, en appelant la Commission européenne à « faire son travail » en « excluant le glyphosate de la liste des produits autorisés ».

A.M.