Le vote relatif à la réhomologation du glyphosate, qui figure à l’agenda du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale (CPASA), devrait avoir lieu d’ici à jeudi soir. Les déclarations « pour » et « contre » l’autorisation se succèdent, avec, d’un côté, le lobby des industriels commercialisant la substance active herbicide et, de l’autre, les associations environnementalistes. D’un côté, des experts qui concluent à l’innocuité (Efsa, Anses, JMPR), de l’autre ceux qui alertent sur la cancérogénicité probable du glyphosate.

« Nous ne renouvelons pas l’autorisation du glyphosate »

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a déclaré ce matin à l’antenne de France Info qu’« indépendamment [du] caractère cancérigène ou non du glyphosate, [...] les études dont nous disposons montrent que c’est un perturbateur endocrinien ». En attendant « d’autres études [...] pour 2017, [...] nous ne renouvelons pas l’autorisation du glyphosate ».

Dans un communiqué de presse appelant à « enterrer cet herbicide », France Nature Environnement, fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement, précise que le glyphosate impacte « négativement la fertilité masculine » et que « les perturbateurs endocriniens représentent une dépense de 4 milliards d’euros par an au système de santé français ».

L’exposition au glyphosate « ne se réduit pas à la seule ingestion alimentaire »

FNE émet aussi des réserves sur le rapport d’étude publié le 6 mai par un groupe d’experts rattaché à l’ONU, selon lequel l’exposition au glyphosate via l’alimentation est « peu susceptible de présenter un risque cancérogène pour l’homme ». « L’exposition n’est pas forcément limitée dans le temps  et ne se réduit pas à la seule ingestion alimentaire », est-il précisé dans le communiqué.

A.Cas.