« Le Parlement européen peut et doit contribuer aux échanges, mais ce n’est pas en opposant un “non” et en demandant un arrêt brutal de l’utilisation de cette substance que nous sortirons du débat par le haut, explique l’eurodéputée. Nous avons assez d’outils permettant au Parlement européen (résolutions) de s’exprimer et beaucoup de choses pourraient être proposées à la Commission et aux États membres comme : un encadrement plus strict, une vente du produit soumise à une information obligatoire ou voire limitée aux professionnels, une diminution de la durée de l’autorisation, mais surtout un soutien à la recherche et à l’innovation pour trouver des solutions alternatives et viables pour nos agriculteurs et pour l’environnement. Malheureusement, j’ai le sentiment que ce débat est devenu plus politique que pragmatique et que l’enjeu est d’interdire une substance plutôt que de réfléchir concrètement au dossier. »

« Pas d’alternative économiquement viable à proposer aux agriculteurs »

« En outre, je rappelle que nous avons une procédure, qui peut-être ne convient pas à certains, mais qui est la procédure que nous avons, nous colégislateur, décidé et voté. En la matière, c’est exactement ce qui est en train d’être appliqué : analyse par une agence nationale responsable, dans ce cas l’agence allemande, puis par l’Efsa qui a pris en compte l’analyse du IARC (Centre international de recherche sur le cancer). C’est sur ce travail que la Commission s’est basée pour faire son projet. On ne change pas la procédure parce que le résultat ne nous plaît pas », ajoute-t-elle.

Angélique Delahaye rappelle par ailleurs qu’en Europe de nombreux agriculteurs ont recours au glyphosate car il est fondamental pour de nombreuses stratégies de désherbage. « Or à ce jour, il n’y a pas d’alternative économiquement viable à proposer aux agriculteurs », explique-t-elle.