Foodwatch, organisation politique qui défend les droits du consommateur, s'est associée à la Ligue contre le cancer pour lancer une pétition demandant à l'Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) de ne pas renouveler l'autorisation du glyphosate qui expire à la fin de 2015.

La matière active du Roundup a été classée en mars dernier « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Tout dépend maintenant de l'Efsa : l'avis qu'elle remettra à la Commission européenne sera déterminant. Celle-ci doit décider dans quelques semaines de renouveler ou non cette autorisation pour dix ans », écrit Foodwatch dans un communiqué du 26 août 2015.

L'organisation demande que soit appliqué le principe de précaution « ancré dans le règlement européen n° 178/2002 qui permet d'interdire toute substance dès lors qu'elle est potentiellement dangereuse pour la santé. Tant que l'innocuité du glyphosate n'est pas scientifiquement établie, l'Union européenne se doit de nous protéger de tout risque. »

« Avec cette pétition lancée conjointement, Foodwatch et la Ligue contre le cancer interpellent les pouvoirs publics, les médias et l'opinion publique sur les dangers d'une exposition au glyphosate, poursuit l'organisation. Dès le 1er avril dernier, la Ligue appelait dans les meilleurs délais à une interdiction totale de cinq pesticides, dont le Roundup, en France métropolitaine et en outre-mer. En Allemagne et aux Pays-Bas, Foodwatch a déjà mobilisé en quelques jours près de 39 000 consommateurs qui ont signé la pétition adressée à Bernhard Url, président de l'Efsa, pour l'appeler à tenir compte des mises en garde de l'Organisation mondiale de la santé. »

La Plateforme Glyphosate France (qui regroupe sept entreprises commercialisant des désherbants à base de glyphosate) a réagi le jour même en précisant que « le principe de précaution, sur lequel la pétition s'appuie pour appeler au non-renouvellement, ne constitue pas un principe d'inaction. La réglementation européenne y pourvoit avec la mise en place d'un processus de réévaluation décennale des substances phytosanitaires, qui vise précisément à prendre en compte les progrès de la connaissance scientifique. »

L'association rappelle aussi que « l'analyse du CIRC n'est pas partagée par toute la communauté scientifique, loin de là, et en particulier par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son ensemble. Le groupe « JMPR » (Joint FAO/WHO Meeting on Pesticide Residues), lui aussi rattaché à l'OMS, a ainsi conclu à l'absence de cancérogénicité du glyphosate. L'OMS a de ce fait lancé une « procédure de divergence scientifique » au sujet de la cancérogénicité du glyphosate. Le BfR, autorité compétente de l'Allemagne chargée par l'UE de faire l'évaluation scientifique, a lui aussi récemment conclu à la non-cancérogénicité du glyphosate. »

I.E.