Comme annoncé à la mi-mai, la Commission européenne propose aux États membres une réhomologation du glyphosate pour dix ans. Une durée appropriée « d’un point de vue de la gestion des risques », estime-t-elle.

Sur la base des avis des agences qui ont évalué la substance active herbicide, le commissaire européen à la Santé et la Sécurité alimentaire, Vitenys Andriukaitis, a déclaré n’avoir « aucun doute que cette substance est sans danger ».

Aller vers la fin de la controverse…

Le commissaire, souhaite « mettre un terme à la controverse scientifique » qui entoure les différentes évaluations de la cancérogénicité du glyphosate. Il fait cependant toujours face aux opposants à sa réautorisation. Hier, une manifestation contre le glyphosate s’est tenue à Bruxelles devant la Commission européenne. Les opposants, « quelques dizaines », ont fait tomber un bidon géant de Roundup à la manière d’une statue de dictateur.

… ou l’alimenter

Pour eux, la controverse n’est pas terminée. Ils dénoncent le fait que « les deux agences européennes (Efsa et Echa, NDLR) se basent sur des études données par l’industrie », a indiqué Julie Deruy, chargée de campagne pour le collectif Avaaz qui a rejoint la campagne « Stop Glyphosate ».

Générations futures a par ailleurs indiqué le 18 juillet dernier qu’elle travaillait à la traduction française d’un rapport écrit par un toxicologue allemand et intitulé « Glyphosate et cancer : les autorités violent systématiquement la réglementation » (1).

La France « sera ferme »

Tout comme Éric Andrieu, eurodéputé, Générations futures appelle les États membres de l’UE à s’opposer à la réautorisation du glyphosate. Le gouvernement français a lui annoncé qu’il « sera ferme » dans sa position sur la question.

« C’est une question de cohérence, j’entends bien la remarque “il n’y a pas d’alternative au glyphosate”, mais pourquoi ? Parce qu’à force d’ajourner, on ne cherche pas les alternatives », a indiqué Nicolas Hulot , ministre de la Transition écologique, le 18 juillet.

Le ministre est favorable à l’application du principe de précaution pour ce dossier, dans la ligne des positions de Ségolène Royal qui l’a précédé à son poste. L’année dernière, la France et Malte s’étaient opposées à la réautorisation du glyphosate, et sept pays s’étaient abstenus (dont l’Allemagne et l’Italie), bloquant la décision car aucune majorité qualifiée (2) n’a pu se dégager.

Vote à l’automne

Le commissaire européen a alerté plusieurs fois sur le fait qu’il souhaite justement qu’une majorité qualifiée soit obtenue. La Commission n’a pas l’intention d’approuver de nouveau cette substance seule, sans le soutien des États membres. « Cela est et restera une responsabilité partagée », a indiqué Vitenys Andriukaitis.

Le vote du comité d’experts chargé du dossier est attendu en septembre ou octobre.

A. Cas. avec l’AFP

(1) Selon l’association, ce rapport « montre comment ces agences (Efsa et Echa, NDLR) ont ignoré 7 des 12 études disponibles sur la souris et le rat montrant des augmentations significatives de tumeurs sous l’influence du glyphosate au moyen d’arguments hautement discutables – en violation claire des directives en vigueur selon l’auteur du rapport ».

(2) La majorité qualifiée correspond à un minimum de 55 % des États membres et de 65 % de la population européenne.